Alors que le gouvernement Macron, aux abois, tente de redorer son blason républicain à quelques encablures de l’échéance présidentielle, Aurore Bergé, ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations, a présenté ce jour en Conseil des ministres son fameux « projet de loi de cohésion républicaine ». Sur X (ex-Twitter), elle claironne : un texte « pour mieux protéger les victimes, mieux sanctionner les auteurs » et « ne plus jamais transiger avec la haine ». Les mots sont beaux, le dessein est clair : recycler la défunte loi Yadhan sous un emballage plus consensuel pour museler durablement la liberté d’expression.
Rappelons les faits. La proposition de loi Yadan (du nom de la députée Renaissance Caroline Yadan), censée combattre les « nouvelles formes d’antisémitisme », avait suscité une levée de boucliers massive au printemps 2026. Pétition à plus de 700 000 signatures, manifestations, alertes de multiples ONG et de nombreux défenseurs des libertés publiques : ce texte élargissait dangereusement le délit d’apologie du terrorisme aux formes « implicites », créait un délit d’appel à la destruction d’un État reconnu par la France (lire : Israël) et étendait le négationnisme à toute comparaison jugée « relativisante ». En clair, critiquer la politique coloniale, les bombardements sur Gaza ou l’idéologie sioniste risquait de vous valoir prison et amende. Devant le tollé, le texte a été retiré.