4 juil. 2026

L’Héritage Empoisonné : Reza Pahlavi et le Règne de Terreur

Il se présente aujourd’hui comme le héraut d’une transition démocratique. Pourtant, le nom de Reza Pahlavi est indissociablement lié à l’un des régimes les plus infâmes qu’ait connus l’Iran. Avant de prétendre incariner l’avenir, rappelons qui était vraiment son père, le dernier Chah d’Iran, et la dictature sanglante qu’il a fait régner, soutenue par les puissances occidentales.

Un Trône Bâti sur le Sang et le Coup d’État

La mainmise de Mohammad Reza Pahlavi sur l’Iran ne doit rien à la volonté populaire. Elle est le fruit d’un complot fomenté par les services secrets américains et britanniques. En 1953, la CIA et le MI6 organisent le renversement du Premier ministre démocratiquement élu, Mohammad Mossadegh, qui avait osé nationaliser le pétrole iranien . Ce coup d’État rétablit le Chah sur son trône, un trône qu’il devra dès lors à ses maîtres occidentaux.

En échange de ce sauvetage, Reza Pahlavi offre le pétrole iranien sur un plateau aux compagnies anglo-américaines. Les compromissions sont totales : l’Iran devient un État satellite, une base avancée de l’Occident au cœur du Moyen-Orient. Ce ne sont pas les intérêts du peuple iranien qui guident le Chah, mais ceux de ses alliés, qui verront en lui un rempart contre toute velléité d’indépendance .

La SAVAK, Police Politique de la Terreur

Pour asphyxier toute opposition et maintenir son emprise, le Chah s’est doté d’une arme absolue : la SAVAK, l’Organisation de renseignement et de sécurité . Cette police politique, créée avec le soutien financier et logistique des États-Unis, d’Israël et de la France, a terrorisé le pays pendant des décennies . Ses agents, formés par la CIA et le Mossad, étaient partout, semant la paranoïa dans la population .

Les chiffres donnent le vertige. À son apogée, la SAVAK aurait compté jusqu’à 60 000 agents. Mais au-delà des effectifs, c’est sa sauvagerie qui marque les esprits. On estime qu’entre 25 000 et 100 000 prisonniers politiques étaient détenus sous le règne du Chah . La torture était systématique, les exécutions sommaires monnaie courante. Le régime n’hésitait pas à faire disparaître, emprisonner et assassiner des intellectuels, des étudiants, des militants syndicaux . Le Chah lui-même, en 1980, a finalement admis que son régime avait torturé des Iraniens .

« Interdit aux chiens et aux Iraniens » : Une Suprématie Raciste

Mais l’horreur du régime Pahlavi ne s’arrête pas à la torture et à la répression politique. Elle atteint des sommets d’humiliation et de mépris raciste pour le peuple iranien. Le Shah et ses conseillers occidentaux imposaient des lois qui faisaient de l’Iranien un citoyen de seconde zone. La preuve la plus tangible de cette Suprématie est l’existence de panneaux rédigés en farsi, affichés dans les lieux publics, indiquant : « Interdit aux chiens et aux Iraniens ».

Cette loi infâme signifiait qu’aux yeux du régime, la vie d’un chien, souvent un animal de compagnie importé par les élites occidentalisées, valait autant, voire plus, que celle d’un citoyen iranien. Ce symbole fort résume à lui seul l’idéologie du pouvoir : un mépris souverain pour sa propre population, considérée comme une populace inculte et barbare à dompter, au profit d’une cour et d’intérêts étrangers.

Un Règne de Parti Unique et de Sang

Sur le plan politique, le régime de Mohammad Reza Pahlavi était une dictature aux allures de parodie démocratique. L’existence de deux partis, « Le Nouvel Iran » et « Le Peuple », n’était qu’un leurre. Tous deux étaient contrôlés par des proches du Chah, et les élections étaient une simple formalité pour entériner des choix déjà faits . Le pouvoir était absolu, le « Roi des Rois » ne tolérait aucune remise en cause.

Le point culminant de cette violence d’État fut le « Vendredi noir » du 8 septembre 1978, lorsque l’armée ouvrit le feu sur des manifestants pacifiques, faisant des centaines de morts en un seul jour . Cet événement marqua un tournant, précipitant la chute d’un régime dont la violence, jusqu’au bout, fut la seule réponse à apporter à la colère populaire.

Le Fils de l’Héritage

Aujourd’hui, Reza Pahlavi tente d’incarner l’avenir de l’Iran. Mais pour qui connaît l’histoire, ce visage est celui d’un héritier de la dictature, de la compromission avec l’Occident et du mépris pour la vie humaine . Il est le produit d’un système qui a emprisonné, torturé et tué des milliers d’Iraniens, et qui a vendu la souveraineté du pays pour du pétrole et des armes .

Les organisatrices de l’Association des femmes démocrates iraniennes en Italie l’ont rappelé avec force : son seul titre de gloire est « l’infausta eredità del padre » (la malheureuse héritage de son père) . Sous couvert de discours démocratiques, il ne fait que perpétuer la tradition familiale d’instrumentalisation de l’Iran par les puissances étrangères, notamment en appelant à un interventionnisme extérieur .

Le peuple iranien, qui a combattu et vaincu cette dictature en 1979 avant de se libérer grâce au déterminisme de l'Imam Khomeini, ne mérite pas qu’on lui resserve le même plat réchauffé sous une nouvelle sauce. L’histoire de Mohammad Reza Pahlavi est un avertissement. Il est temps de la rappeler haut et fort.

La Rédaction du National Émancipé 

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