Dans dix jours, le gouvernement Lecornu-Bergé s’apprête à imposer, par la voie d’un projet de loi présenté en Conseil des ministres, l’essence même de l’ex-proposition de loi Yadan. Cette manœuvre honteuse, digne des pires régimes autoritaires, vise à museler toute critique sérieuse de l’idéologie sioniste et de la politique expansionniste de l’État d’Israël. Sous couvert de lutte contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme », ce texte inique érige en délit la contestation légitime d’un projet colonial et ethno-nationaliste. C’est une atteinte grave à la liberté d’expression, à la souveraineté du débat public et à la capacité des Français de toutes origines à dénoncer les injustices.
Caroline Yadan, députée Renaissance, et ses complices macronistes n’ont pas digéré le retrait forcé de leur proposition initiale face à la mobilisation populaire et aux réserves exprimées, y compris au sein de certains groupes parlementaires. Qu’à cela ne tienne : le gouvernement reprend le flambeau pour faire passer en force un arsenal répressif élargi. Extension du délit de négationnisme, sanctions pour « provocation même implicite » au terrorisme, « appel à la destruction d’un État » (lire : Israël), peines d’inéligibilité… Autant d’outils taillés sur mesure pour criminaliser non pas la haine, mais la pensée critique.