8 août 2026

Guerre en Iran : quand une puissance s’attaque à un peuple de 4 000 ans d’histoire militaire

Le conflit engagé le 28 février 2026 par les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran n’a pas livré le scénario espéré à Washington. Cinq mois plus tard, après un protocole d’accord signé à la mi-juin puis rapidement enterré, les États-Unis multiplient les frappes sur des dizaines de cibles iraniennes tandis que Téhéran riposte contre des bases américaines au Koweït, à Bahreïn et ailleurs. Le détroit d’Ormuz reste sous forte influence iranienne. Le conflit n’est pas maîtrisé par les États-Unis.

Les soldats américains en paient le prix. Déploiements prolongés, alertes permanentes, pertes humaines (une vingtaine de morts reconnus, plusieurs centaines de blessés selon les bilans partiels), usure des stocks de munitions et coûts déjà estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars : la lassitude s’installe. Ce n’est plus une opération-éclair. C’est une guerre d’usure dans laquelle l’armée américaine découvre les limites de sa projection de force face à un adversaire déterminé.

Les accusations d’ingérence russe visant Attal, Philippe et Glucksmann : un ennemi bien pratique pour des candidats du système

Ces derniers jours, les autorités françaises (SGDSN, Viginum) et les intéressés eux-mêmes ont multiplié les annonces : Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann puis Gabriel Attal auraient été la cible d’opérations de désinformation attribuées à des réseaux pro-russes (Storm-1516 lié au GRU pour les deux premiers, Matriochka pour le troisième). Fausses unes de médias, rumeurs de santé (Parkinson pour Attal, démence pour Philippe), deepfake imitant Blast et la voix d’Edwy Plenel pour salir Glucksmann et Léa Salamé… Le schéma est désormais classique. À huit mois de la présidentielle 2027, on nous promet déjà « des ingérences massives ».

La rédaction se pose une question simple : quelle est réellement la pertinence de ce type d’ingérence ?

Ces trois personnalités relèvent clairement de la catégorie « candidats du système, par le système, pour le système ». Leur base populaire reste limitée. Édouard Philippe a connu un flop notable lors de son meeting à Rouen en fin d’année scolaire, avec une affluence relativement faible. Raphaël Glucksmann, que nous avions déjà analysé dans notre article « Raphaël Glucksmann ou la déstabilisation d’un non-candidat au charisme de pneu crevé », continue de peiner à incarner autre chose qu’une figure médiatique et européenne. Quant à Gabriel Attal, jeune premier issu des mêmes cercles que Macron, celui à qui l’on a facilité l’accès aux diplômes des grandes écoles pour camoufler une inaptitude totale à remplir une fonction d’État… Il n’en faut pas davantage pour comprendre le tableau.

7 août 2026

L’Europe, le Talmud et l’oubli des racines chrétiennes : une formule qui interroge

En 2022 et 2023, Ursula von der Leyen a multiplié les déclarations solennelles : « L’histoire du peuple juif est l’histoire de l’Europe », « notre mode de vie européen ne serait pas le même sans la culture et la science juives », « l’Europe ne serait pas ce qu’elle est sans les valeurs juives », et plus explicitement encore « l’Europe, ce sont les valeurs du Talmud » (responsabilité personnelle, justice, solidarité). Ces phrases, prononcées dans des cadres officiels de l’Union européenne, appellent une lecture critique.

4 août 2026

Affaire GabMorrison : quand la justice privée s’impose face à un système perçu comme inerte

Gabriel Facerias, plus connu sous le pseudonyme GabMorrison, youtubeur suivi par environ 300 000 abonnés et spécialisé dans les interviews de rappeurs en banlieue, a été condamné le 22 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Montargis à cinq ans de prison ferme, avec maintien en détention. Six autres prévenus ont écopé de peines allant d’un an avec sursis à quatre ans d’emprisonnement.

Les faits, jugés sur deux jours d’audience, se sont déroulés entre janvier et mars 2024 à Nogent-sur-Vernisson, dans le Loiret. Le mode opératoire était répété : via le site de discussions anonymes Coco.gg (fermé depuis juin 2024), de faux rendez-vous intimes étaient fixés. Une quarantaine d’hommes se présentaient. Ils étaient alors agressés, parfois à coups de barres de fer ou d’objets contondants, puis dépouillés de leurs effets personnels.

La France doit cesser ses ingérences en Iran et ouvrir la voie à une paix immédiate

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran l’a dit clairement : la France s’est ingérée dans les affaires intérieures iraniennes sous le couvert de son ambassade et sous le prétexte fallacieux de liens avec la « société civile ». Elle doit présenter ses excuses. L’ambassadeur de France a été convoqué au ministère iranien, et le message a été sans ambiguïté : cessez ces pratiques trompeuses.

Cette mise au point n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une longue série d’actions où Paris, au nom de principes universels proclamés, cherche à peser sur les choix politiques, sociaux et culturels d’un État souverain. Soutenir la « société civile » devient le label commode d’une diplomatie d’influence qui ignore la Convention de Vienne de 1961 et le principe fondamental de non-ingérence. Quand deux diplomates français sont interpellés après des contacts jugés incompatibles avec leur statut, Téhéran rappelle simplement les règles : un diplomate n’est pas un agent politique libre d’agir dans le pays d’accueil comme sur un terrain de manœuvre.

Du point de vue d’une ligne indépendante, cette affaire révèle une constante. Les puissances occidentales, France en tête, continuent de traiter certaines nations comme des espaces ouverts à leur tutelle morale et politique. L’Iran, pays millénaire, détenteur d’une civilisation propre et d’une volonté affirmée de décider de son destin, refuse ce statut. Exiger des excuses et l’arrêt des ingérences n’est pas de l’agressivité ; c’est la défense élémentaire de la souveraineté. Aucun État digne de ce nom n’accepterait que des agents étrangers organisent, sous couvert diplomatique, des réseaux d’influence sur son territoire.

Rachel Khan fait son alya : le rêve d’enfance et les angles morts

Des informations circulent depuis hier. Rachel Khan, essayiste, juriste et figure médiatique française, confirmerait son installation en Israël. Selon ces éléments, elle aurait déclaré que c’était « ce qu’elle voulait faire depuis toute petite ». Si la confirmation officielle et détaillée reste encore à stabiliser dans les sources publiques, le geste s’inscrit dans une trajectoire déjà clairement affichée : soutiens répétés à Israël, voyages, engagements associatifs.

Rachel Khan est née à Tours d’un père gambien et d’une mère française d’origine juive ashkénaze polonaise. Elle se définit elle-même comme « Afro-Yiddish ». Métisse, elle a longtemps critiqué en France les assignations identitaires et la pensée décoloniale, au nom d’un universalisme qu’elle revendique.

C’est précisément ce point qui rend le choix digne d’attention. En mars 2018, le grand rabbin sépharade d’Israël, Yitzhak Yosef, alors en fonction, a provoqué un scandale international. Dans un sermon, en commentant une bénédiction talmudique relative aux « créatures différentes », il a utilisé à plusieurs reprises le terme hébreu kushi— aujourd’hui considéré comme péjoratif pour désigner les personnes noires — et a comparé un enfant noir né de parents blancs à un « singe ». Les propos, filmés et diffusés, ont été largement relayés. L’Anti-Defamation League les a qualifiés d’« inacceptables ». Le bureau du rabbin a invoqué une référence talmudique. La polémique n’en a pas été éteinte.

Quand l’État français abdique sa souveraineté judiciaire au profit d’une définition importée

Le gouvernement, confronté à l’opposition que rencontre la proposition de loi Yadan, a choisi une voie de contournement plus discrète, plus administrative, et plus dangereuse. Selon Mediapart, le secrétariat d’État chargé de la lutte contre les discriminations a tenté d’introduire, dans le futur plan national 2026-2029 contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, la définition controversée de l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste). Une définition qui, dans ses exemples d’illustration, tend à amalgamer critique du sionisme, de la politique israélienne ou de l’État d’Israël avec l’antisémitisme.

Lors d’une réunion interministérielle début juillet 2026, des représentants de cabinets auraient déclaré : « Il faut qu’on fasse quelque chose sur la définition de l’IHRA, les associations sont très en demande. » Le tour de passe-passe consiste à ne plus écrire explicitement le sigle IHRA tout en en généralisant le contenu via un « vadémécum » de définitions unifiées du racisme, de l’antisémitisme et des discriminations. Ce document serait diffusé dans l’ensemble des administrations : Éducation nationale, police, santé, collectivités territoriales… et, potentiellement, justice.

Raphaël Glucksmann ou la déstabilisation d’un non-candidat au charisme de pneu crevé

Raphaël Glucksmann a tweeté que les services russes auraient lancé une opération de déstabilisation contre « sa » campagne pour 2027. Voici un non-candidat, jamais élu à une fonction exécutive nationale, qui se pose déjà en cible prioritaire du Kremlin. Le charisme de pneu crevé n’est pas une image gratuite : il fait du bruit sans avancer. Il mobilise les ratés d’un système déjà mort. Il suffit de le laisser parler deux minutes pour entendre le vide d’un macronisme au rabais.

Entre 2009 et 2012, Glucksmann fut le conseiller spécial de Mikheil Saakashvili en Géorgie. Après la défaite de 2008 face à la Russie, Tbilissi cherchait à réarmer. Glucksmann n’était pas seulement la plume et le communicant du président. Selon les enquêtes de Marianne et de Marc Endeweld, il organisait des réunions à la présidence avec généraux, financiers et marchands d’armes.

2 août 2026

Le basculement de l’extrême droite française face à Israël

En France, la droite classique (gaulliste, libérale-conservatrice, puis UMP/LR) a longtemps été, dans l’ensemble, pro-israélienne ou ce que l’on peut appeler « soft sioniste ». Le soft sionisme désigne un soutien passif à Israël : être favorable à l’existence et à la sécurité de l’État juif, sans pour autant adopter un discours militant, idéologique ou hystérique. C’est une position de principe, mesurée, qui refuse de faire d’Israël un totem permanent ou un objet de polarisation permanente.

L’extrême droite, elle, a historiquement été bien plus ambivalente, souvent critique d’Israël, parfois ouvertement pro-palestinienne et anti-impérialiste. C’est ce contraste, et le renversement opéré depuis une quinzaine d’années, qu’il faut clairement exposer.

La droite classique : une continuité soft sioniste

Depuis le général de Gaulle (qui, malgré la rupture de 1967, n’a jamais remis en cause le droit d’Israël à exister), la droite gouvernementale a maintenu une ligne de soutien de principe. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou les responsables LR d’aujourd’hui se sont régulièrement déclarés amis d’Israël, ont défendu son droit à la sécurité et ont critiqué le terrorisme palestinien ou le Hamas. Ce soutien n’était pas inconditionnel (la France a souvent plaidé pour un État palestinien et critiqué les colonies), mais il restait structurellement plus favorable à Israël que celui de la gauche. On peut le qualifier de soft sioniste : acceptation de l’État juif, solidarité de base, sans mobilisation idéologique permanente ni hystérie politique.

Lawrence d’Arabie et Gertrude Bell : aventuriers au service de la géopolitique britannique


Thomas Edward Lawrence (1888-1935) et Gertrude Bell (1868-1926) incarnent une figure paradoxale de l’histoire : des explorateurs, archéologues et voyageurs passionnés du désert, souvent présentés comme des romantiques ou des aventuriers solitaires, qui ont en réalité joué un rôle central dans la reconfiguration du Moyen-Orient après la Première Guerre mondiale. Leur action s’inscrit dans la stratégie impériale britannique (et, plus largement, anglo-saxonne) de démembrement de l’Empire ottoman, de contrôle des routes pétrolières et de création d’États clients. Loin d’être de simples observateurs, ils ont été des agents d’influence, des conseillers politiques et des artisans de frontières qui pèsent encore aujourd’hui.