En France, la droite classique (gaulliste, libérale-conservatrice, puis UMP/LR) a longtemps été, dans l’ensemble, pro-israélienne ou ce que l’on peut appeler « soft sioniste ». Le soft sionisme désigne un soutien passif à Israël : être favorable à l’existence et à la sécurité de l’État juif, sans pour autant adopter un discours militant, idéologique ou hystérique. C’est une position de principe, mesurée, qui refuse de faire d’Israël un totem permanent ou un objet de polarisation permanente.
L’extrême droite, elle, a historiquement été bien plus ambivalente, souvent critique d’Israël, parfois ouvertement pro-palestinienne et anti-impérialiste. C’est ce contraste, et le renversement opéré depuis une quinzaine d’années, qu’il faut clairement exposer.
La droite classique : une continuité soft sioniste
Depuis le général de Gaulle (qui, malgré la rupture de 1967, n’a jamais remis en cause le droit d’Israël à exister), la droite gouvernementale a maintenu une ligne de soutien de principe. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou les responsables LR d’aujourd’hui se sont régulièrement déclarés amis d’Israël, ont défendu son droit à la sécurité et ont critiqué le terrorisme palestinien ou le Hamas. Ce soutien n’était pas inconditionnel (la France a souvent plaidé pour un État palestinien et critiqué les colonies), mais il restait structurellement plus favorable à Israël que celui de la gauche. On peut le qualifier de soft sioniste : acceptation de l’État juif, solidarité de base, sans mobilisation idéologique permanente ni hystérie politique.