26 juil. 2026

Ormuz, le prétexte et la logique de l’escalade

Le mémorandum d’entente (MOU) signé à la mi-juin 2026 entre Washington et Téhéran devait marquer une pause dans les hostilités et rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz. Moins d’un mois plus tard, ce fragile arrangement a volé en éclats. La séquence des événements est claire, même si chaque camp en tire une lecture opposée.

Des navires transitant sous protection américaine ont tenté de franchir le détroit sans se conformer aux procédures imposées par l’Iran. Téhéran a répondu par des tirs de sommation et des frappes sur plusieurs bâtiments. Washington a aussitôt qualifié ces actions de « violation flagrante » du cessez-le-feu et a ordonné des frappes massives : plus de 80 cibles iraniennes touchées en une seule vague — systèmes de défense aérienne, radars côtiers, capacités antinavires, dépôts de drones et embarcations des Gardiens de la Révolution. L’escalade s’est ensuite enchaînée de manière mécanique : ripostes iraniennes contre des bases américaines dans le Golfe, nouvelles frappes américaines, blocages réciproques du trafic maritime.

Franc-maçonnerie et représentation nationale : le cas Mélenchon et la question de l’incompatibilité

En 2009, Emmanuel Ratier, dans sa lettre Faits et Documents, publiait des documents internes du Grand Orient de France. Parmi eux figuraient des annonces de loges de la rue Cadet invitant explicitement « le frère Mélenchon » à venir plancher sur des sujets politiques. Ces documents, reproduits avec photographies, confirmaient ce que certains cercles savaient déjà : Jean-Luc Mélenchon, alors sénateur, n’était pas un simple invité occasionnel, mais un frère initié, actif dans les travaux de l’obédience.

Cette révélation n’avait rien d’anodin. Elle mettait en lumière une réalité structurelle : la présence de responsables politiques au sein d’une organisation initiatique qui, par définition, repose sur le secret, la solidarité fraternelle et des engagements qui échappent au contrôle démocratique.

Le grand basculement : comment l'antisionisme a changé de camp en vingt ans

Il y a vingt ans, l'antisionisme politique en France avait encore un visage familier. Il habitait surtout les marges de la droite nationaliste, héritière d’une longue tradition : Action française, Ordre Nouveau, Oeuvre Française, poujadisme, puis Front national de Jean-Marie Le Pen. Cette position antisioniste était naturellement un réflexe anti-atlantiste. Il parlait de lobby, de double allégeance... Il était le produit d’un nationalisme qui voyait dans l'israélien ou le franco-israélien l’étranger intérieur par excellence.

Aujourd’hui, les données de la CNCDH et les observations de terrain montrent un renversement frappant. Les accusations d'antisémitisme traditionnelles progressent nettement chez les sympathisants de l’extrême gauche (notamment LFI), tandis qu’ils reculent relativement à l’extrême droite. Pour la première fois, les niveaux d’adhésion à certains classiques se rejoignent entre les deux extrêmes. Dans le même temps, une partie de la droite nationaliste et identitaire est devenue l’un des soutiens les plus bruyants d’Israël. Comment un tel basculement a-t-il pu se produire en seulement deux décennies ?

Mahammad Mehdizade, le Chalghoumi du chiisme : un imam sorti de nulle part au service des intérêts atlantistes


Dans le paysage médiatique français, certaines figures émergent avec une rapidité suspecte. Après Hassen Chalghoumi, l’imam de Drancy devenu l’interlocuteur privilégié des plateaux de droite et des cercles pro-israéliens, voici son pendant chiite : le sheikh Mahammad Mehdizade. Originaire d’Azerbaïdjan, cet homme au turban soigneusement ajusté et à la barbe impeccable multiplie depuis début 2026 les apparitions sur CNews, i24NEWS et Radio J. Son discours est parfaitement calibré : dénonciation hystérique du régime iranien, soutien indéfectible à Israël, attaques contre La France insoumise accusée de « manipuler les musulmans », et rhétorique anti-islamiste empruntée aux éléments de langage de l’extrême droite.

Pourtant, personne ne le connaît vraiment. Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées de France et figure du CFCM, l’a dit sans détour : « Personne dans notre organisation ne le connaît. […] Il est inconnu de tous. On ne sait pas s’il est attaché à une mosquée. » Aucune grande fédération musulmane française ne le revendique. Aucune institution religieuse chiite reconnue en Iran, en Irak ou au Liban ne semble le présenter comme un de ses anciens étudiants. Sa seule trace administrative en France ? Une micro-entreprise de traduction créée le 1er novembre 2024… et fermée le lendemain.

Barbara Butch, ou l’art de la sureprésentation médiatique sans public

Dans le grand théâtre de la culture officielle française, certaines figures s’imposent non par le talent ou l’audience, mais par un cocktail identitaire parfaitement calibré. Barbara Butch en est l’illustration la plus récente et la plus criante.

DJ parisienne, militante lesbienne, body-positive et juive revendiquée, Leslie Barbara Butch (son vrai nom) a fait une apparition remarquée lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. Placée au centre d’un tableau qui a été massivement perçu comme une parodie de La Cène, elle est devenue du jour au lendemain une icône médiatique. Depuis, les institutions lui déroulent le tapis rouge : direction artistique de la Nuit Blanche 2026 à Paris, distinction de chevalier des Arts et des Lettres, couverture de magazines, plaintes relayées en boucle, tribunes dans Le Monde et Libération.

Incendies de forêt en France : sécheresse, dépassement des services et questions qui dérangent

L’été 2026 restera gravé dans les mémoires. Alors que la France brûle de la Gironde aux Pyrénées-Orientales, en passant par la Drôme et l’Île-de-France, un symbole a frappé les esprits : la forêt de Fontainebleau. Ce massif emblématique, poumon vert de la région parisienne, classé réserve de biosphère par l’Unesco, a vu plus de 2 000 hectares – environ 10 % de sa surface – partir en fumée en quelques jours à partir du 12 juillet. Du jamais vu depuis au moins un siècle, bien au-delà des grands feux de 1921 (762 hectares) ou 1945 (825 hectares).

Les images ont bouleversé : panaches de fumée visibles de loin, villages évacués (Achères-la-Forêt, Le Vaudoué, Noisy-sur-École), routes coupées, autoroute A6 interrompue. Pour la première fois en Île-de-France, des Canadair ont écoper dans la Seine, larguant des milliers de litres d’eau sur les foyers. Quatre de ces bombardiers d’eau amphibies, appuyés par des Dash et des hélicoptères, ont multiplié les rotations. Plus de 800 à 850 pompiers ont été mobilisés au plus fort de la crise, issus de colonnes de renfort venues de toute la France. Les feux ont été « fixés » le 14 juillet, mais pas éteints : le travail de longue haleine contre les reprises et les redoutables « feux zombies » dans les tourbières a duré des jours, voire des semaines.

Le Venezuela accueille les militaires de Tsahal : la trahison de Delcy Rodríguez

Depuis la chute de Nicolás Maduro, capturé par les forces américaines en janvier 2026, la Révolution bolivarienne n’est plus qu’une coquille vide sous tutelle de Washington. Delcy Rodríguez, devenue présidente par intérim, a franchi une ligne rouge que même les plus cyniques n’auraient pas imaginé : elle a reçu, à Caracas, des militaires de Tsahal, l’armée « la plus morale du monde ».

Ces officiers de l’armée israélienne, présentés officiellement comme une « mission humanitaire » après les séismes de juin, ont été accueillis en grande pompe. Delcy Rodríguez les a remerciés, a validé leur plan de « reconstruction » et a prolongé leur présence. Les images sont là : l’héritière autoproclamée de Chávez pose avec des soldats israéliens, alors que le Venezuela avait rompu tout lien diplomatique avec Israël depuis 2009, sous l’impulsion d’Hugo Chávez lui-même.

21 juil. 2026

« La manipulation antiraciste » : pourquoi un article de 2011 explose en 2026

Près de douze ans après sa publication, l’article « La manipulation antiraciste » disponible ici : La manipulation antiraciste est devenu en quelques jours l’un des textes les plus consultés du journal.

Ce retour inattendu n’est pas le fruit du hasard. Il révèle à quel point les questions soulevées en novembre 2011 restent brûlantes en 2026.

Un texte visionnaire ?

À l’époque, l’article dénonçait déjà les dérives d’un antiracisme instrumentalisé, transformé en outil politique pour faire taire les critiques, diviser les mouvements populaires ou servir des agendas géopolitiques. Douze ans plus tard, ce constat semble plus actuel que jamais.

En 2026, les débats autour de l’antiracisme, de l’antisémitisme et de l’islamophobie sont au cœur de l’actualité :

- La guerre à Gaza et au sud du Liban a exacerbé les tensions.

- Les accusations d’antisémitisme sont de plus en plus utilisées pour disqualifier toute critique de la politique israélienne et même française (attaques visant LFI l'accusant d'antisémitisme).

- L’antiracisme officiel apparaît à beaucoup comme un instrument de contrôle social et politique plutôt qu’une lutte universelle contre toutes les discriminations.

Procès de Shahin Hazamy à Bobigny (juillet 2026) : gel des comptes bancaires et questions sur la liberté d’expression

Le procès de Shahin Hazamy s’est tenu au tribunal de Bobigny en juillet 2026. Cette affaire, qui combine poursuites pénales et mesures financières exceptionnelles, soulève des interrogations sur l’équilibre entre sécurité publique, lutte contre l’antisémitisme et respect des libertés fondamentales.

Le déroulement du procès

Shahin Hazamy était poursuivi pour des faits liés à ses prises de position publiques, notamment sur la Palestine, le Liban ou l’Axe de la Résistance. Les débats ont porté sur la qualification des propos tenus, la frontière entre militantisme et incitation à la haine, et le contexte géopolitique dans lequel ils s’inscrivent.

Pour la défense, ce procès s’inscrit dans une tendance plus large de criminalisation des voix propalestiniennes. Pour l’accusation, il s’agissait de sanctionner des agissements contraires à l’ordre public. Le tribunal a rendu son jugement dans un climat déjà tendu par les événements au Moyen-Orient.

Le gel des comptes bancaires : une sanction lourde

Au-delà de la procédure pénale, l’affaire Hazamy est marquée par une mesure particulièrement intrusive : le gel de ses comptes bancaires. Cette décision administrative, souvent justifiée par des motifs de lutte contre le terrorisme ou le blanchiment, prive l’intéressé de tout accès à ses ressources financières.

Sud-Liban : l’invasion israélienne se poursuit dans l’indifférence médiatique

Alors que l’attention internationale se concentre sur d’autres fronts, la guerre au sud du Liban continue dans un silence assourdissant. Les bombardements israéliens persistent, l’invasion terrestre s’étend, et les populations civiles paient un lourd tribut. Pourtant, ce conflit, qui s’inscrit dans la logique plus large de l’Axe de la Résistance, est largement passé sous silence dans les grands médias occidentaux.

Une invasion qui s’enlise

Depuis plusieurs mois, l’armée israélienne mène des opérations militaires d’envergure au sud du Liban. Bombardements intensifs, incursions terrestres, destructions de villages et de infrastructures : la stratégie vise à affaiblir le Hezbollah, mais aussi à créer une zone tampon. Les civils libanais sont les premières victimes de cette escalade, avec des dizaines de milliers de déplacés et un bilan humain qui ne cesse de s’alourdir.