4 août 2026

Raphaël Glucksmann ou la déstabilisation d’un non-candidat au charisme de pneu crevé

Raphaël Glucksmann a tweeté que les services russes auraient lancé une opération de déstabilisation contre « sa » campagne pour 2027. Voici un non-candidat, jamais élu à une fonction exécutive nationale, qui se pose déjà en cible prioritaire du Kremlin. Le charisme de pneu crevé n’est pas une image gratuite : il fait du bruit sans avancer. Il mobilise les ratés d’un système déjà mort. Il suffit de le laisser parler deux minutes pour entendre le vide d’un macronisme au rabais.

Entre 2009 et 2012, Glucksmann fut le conseiller spécial de Mikheil Saakashvili en Géorgie. Après la défaite de 2008 face à la Russie, Tbilissi cherchait à réarmer. Glucksmann n’était pas seulement la plume et le communicant du président. Selon les enquêtes de Marianne et de Marc Endeweld, il organisait des réunions à la présidence avec généraux, financiers et marchands d’armes.
Au centre de ces discussions figurait ATE, Advanced Technologies and Engineering, société sud-africaine d’avionique fondée en 1984 par des ingénieurs français (dont un ancien de Dassault). Spécialisée dans la modernisation de matériels soviétiques et le contournement d’embargos, proche des réseaux français et israéliens, ATE représentait un canal possible pour moderniser les Su-25 et hélicoptères géorgiens. Une société qui a travaillé étroitement avec des entreprises israeliennes.

Ces années ne furent pas seulement géopolitiques. Glucksmann épousa Eka Zguladze, alors première vice-ministre de l’Intérieur de Géorgie, réformatrice de la police sous Saakashvili. Ils eurent un fils. Après 2012, Zguladze devint vice-ministre de l’Intérieur en Ukraine. Le couple divorça vers 2014. Glucksmann revint sur la scène française, s’allia à Léa Salamé, et se reconvertit en défenseur moral de l’Europe et de l’atlantisme.

Il n’a ni machine électorale solide, ni projet concret pour la France. Place publique reste une structure dépendante. Son discours se résume à des formules sur la Russie, l’Europe et les valeurs. Rien de tangible sur la désindustrialisation, la dette, les frontières, l’autorité ou la fracture territoriale. Il recycle un macronisme de gauche, plus moralisateur, tout aussi déconnecté.

Se présenter comme cible des services russes sur la base d’un vieux document est le symptôme d’un ego qui se croit central. Le système qu’il défend est mort : l’européisme abstrait, l’atlantisme de salon, le progressisme sans projet social. Glucksmann en est le parfait symptôme. Brillant, médiatique, héritier, mais incapable de produire autre chose que du bruit.

Dans un pays qui a besoin de décisions dures, il propose des émotions. Le laisser parler suffit. Le vide apparaît tout seul. Quelle perte de temps.

La rédaction du National Émancipé

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