29 juil. 2026

Incendies en Gironde et projets solaires : déforestation « verte » ou simple coïncidence ?

Les incendies qui ravagent la Gironde depuis le 22 juillet 2026 ont déjà brûlé plus de 42 000 hectares et forcé l’évacuation de plus de 220 000 personnes. C’est l’un des pires épisodes de feux de forêt en France depuis 1949. Au même moment, des projets de centrales photovoltaïques géantes continuent de susciter de vives controverses dans le massif des Landes de Gascogne.

Des projets qui nécessitent de raser de la forêt

Le plus emblématique reste Horizeo, porté par Engie et Neoen. Initialement prévu sur plus de 1 000 hectares de pins maritimes à Saucats, le projet a été ramené à environ 680-800 hectares. Il vise une puissance de 800 à 820 MW et un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros. Des associations et des élus locaux dénoncent depuis des années le paradoxe : détruire une forêt pour produire de l’énergie « verte ». La loi d’accélération des énergies renouvelables de 2023 a d’ailleurs fortement limité les défrichements de plus de 25 hectares, plaçant Horizeo dans une situation juridique délicate. Le dossier bute aussi sur l’objectif de « zéro artificialisation nette ».

D’autres projets plus modestes existent dans le massif. Certains ont obtenu des autorisations malgré les alertes des services de l’État sur le risque incendie. La centrale de Cestas (300 MW, la plus puissante de France, exploitée notamment par Neoen) a d’ailleurs frôlé les flammes lors de l’épisode actuel et a dû être temporairement mise à l’arrêt.

La question qui circule

Des reportages (dont des sujets TF1 plus anciens) ont documenté l’appétit des promoteurs pour d’immenses surfaces ensoleillées et bien situées. Après un incendie, une parcelle calcinée change de statut. Les procédures de défrichement deviennent plus simples, les oppositions locales et associatives plus difficiles à mobiliser, et le terrain « libéré » peut plus facilement accueillir des infrastructures industrielles.

Est-il absurde de se demander si certains acteurs pourraient y trouver un intérêt ? Non. 

L’enquête judiciaire en cours privilégie, selon le procureur de Bordeaux, l’origine accidentelle liée à un chantier d’Enedis. Des personnes ont été interpellées pour d’autres faits (feux d’artifice, mise à feu d’arbustes).

Un débat de fond qui reste légitime

Le modèle énergétique actuel pousse à artificialiser des espaces naturels ou forestiers au nom de la transition. Le massif landais, monoculture de pins inflammables, est particulièrement exposé. Y installer des centrales au sol aggrave le risque incendie (15 départs de feu liés à des installations photovoltaïques ont déjà été recensés dans le massif depuis 2015 selon la préfecture).  

Détruire des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique reste un paradoxe que de nombreux citoyens et associations refusent d’accepter. Les incendies, qu’ils soient accidentels, criminels isolés ou liés à la sécheresse, ne doivent pas servir de facilitateur silencieux à des projets contestés.

L’enquête doit aller au bout. Les responsables des projets solaires doivent être transparents sur leurs demandes en cours et sur l’éventuel usage de terrains brûlés. Et la population a le droit d’exiger que la « transition écologique » ne passe pas par la disparition pure et simple de forêts entières.

La Rédaction du National Emancipé

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