Née en septembre 1982 en Iran d’une mère kurde et d’un père perse industriel (usines de porcelaine et de peintures), elle quitte le pays à l’âge de 18 mois avec sa mère après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny. Sa mère s’installe à Paris comme grossiste en tapis. Son père, lui, reste en Iran et poursuit ses affaires sous la République islamique. La famille fait régulièrement la navette.
Plus révélateur encore : son oncle paternel, Mahmoud Jafarian, occupait des postes de premier plan sous le Shah Mohammad Reza Pahlavi. Vice-président du parti unique Rastakhiz, directeur de la Radiotélévision nationale iranienne et, selon plusieurs sources (dont des témoignages d’anciens responsables), collaborateur de la SAVAK, la police politique du régime monarchique. Il fut exécuté en mars 1979 par le tribunal révolutionnaire de Sadegh Khalkhali.
Avant 2022, Mona Jafarian était surtout connue comme influenceuse lifestyle sur Instagram (décoration, famille, publicités beauté). Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » transforme son compte en tribune. Elle cofonde le collectif Femme Azadi et devient une interlocutrice régulière des médias français, notamment CNews et i24News. Elle milite ouvertement pour une transition sous l’égide de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah, et multiplie les prises de position favorables à Israël.
Ce parcours montre que la figure médiatique présentée comme « la voix du peuple iranien » s’inscrit clairement dans le courant monarchiste de l’opposition en exil. Les médias qui l’invitent omettent généralement de rappeler ces liens familiaux avec l’ancien régime et avec la SAVAK.
L’abbé Pagès et d’autres commentateurs focalisés sur l’islamisme passent souvent à côté de ces nuances politiques. L’opposition iranienne n’est pas monolithique. Présenter une militante pro-Pahlavi comme représentante neutre des Iraniennes revient à choisir un camp tout en le dissimulant.
Les faits biographiques sont publics (Wikipedia, portraits dans Le Figaro, enquêtes de Blast et Revue21). Les omettre n’est pas de l’information. C’est de la communication.
La Rédaction du National Emancipé

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