Or Seban ne mentionne aucune de ces accusations. Elle efface le contexte violent pour transformer l’affaire en pure illustration de la « barbarie » iranienne. C’est un procédé classique : sélectionner le fait qui sert le récit, supprimer ceux qui le compliquent, et conclure par un appel moral absolu.
Le silence sélectif
Cette indignation est d’autant plus frappante qu’elle est asymétrique. Les États-Unis, que Seban et bien d’autres présentent volontiers comme un modèle démocratique, appliquent toujours la peine de mort. En 2025, 47 personnes y ont été exécutées (injection létale, hypoxie à l’azote, peloton d’exécution). Des exécutions sont encore prévues en 2026 dans plusieurs États. Shannon Seban ne semble jamais s’émouvoir de ces cas, ni appeler à la fermeture des ambassades américaines, ni dénoncer un « régime barbare ».
De même, Israël maintient la peine de mort dans son arsenal juridique (notamment pour certains crimes de guerre, trahison ou génocide). Si son application aux prisonniers palestiniens reste rare dans la pratique récente, le principe existe et a été évoqué à plusieurs reprises dans le débat public israélien. Là encore, silence. On ne voit pas Seban exiger la fermeture des représentations israéliennes au nom des mêmes « grands idéaux » des droits humains.
Autrement dit : la peine capitale est intolérable quand elle est iranienne, et digne d’un silence poli quand elle est américaine ou quand le cadre juridique israélien la permet. Les « démocraties attachées aux droits humains » ne semblent devoir fermer que les ambassades des « mollahs ».
Propagande et instrumentalisation
On peut parfaitement critiquer un système judiciaire ou le recours à la peine de mort, sans pour autant accepter une lecture purement propagandiste. Présenter ces exécutions comme le simple meurtre de jeunes innocents, sans jamais citer les accusations de meurtre de policiers et d’incendie de leurs corps, ce n’est pas défendre les droits humains. C’est instrumentaliser des morts pour alimenter une ligne politique anti-iranienne constante.
Seban, dans sa logique ultra sioniste n’est pas obligée d’aimer la République islamique. Elle n’est pas obligée de défendre la peine capitale. Mais si elle invoque les principes universels des démocraties, elle devrait les appliquer de façon cohérente. Or son indignation est à géométrie variable : maximale contre Téhéran, inexistante contre Washington, et absente dès qu’il s’agit d’Israël. Ce n’est pas de l’universalisme. C’est de la sélectivité idéologique.
Crier à la barbarie, tout en fermant les yeux sur les pratiques de ses alliés, ne renforce pas la crédibilité de la critique. Cela la disqualifie.
La Rédaction du National Émancipé

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