30 juil. 2026

Les arguments sélectifs de Shannon Seban sur les exécutions en Iran : oubli des faits, double standard et propagande.

Shannon Seban a récemment relayé l’exécution d’Abolfazl Sepahi (23 ans) et d’Amirhossein Safari (27 ans), présentés comme de simples « jeunes » pendus « publiquement la nuit dernière par le régime barbare de la République islamique d’Iran ». Elle en a profité pour appeler les démocraties « attachées aux droits humains » à fermer les « ambassades des mollahs ». Le message est clair, émotionnel, et parfaitement calibré pour la propagande anti-iranienne. Ce qu’il omet, en revanche, est tout aussi clair.

Selon l’agence Mizan, proche du pouvoir judiciaire iranien, ces deux hommes faisaient partie d’un groupe accusé d’avoir tué quatre policiers lors des manifestations de la nuit du 8 janvier à Ispahan (affaire dite de la place Alikhani). L’acte d’accusation décrit une attaque à l’arme blanche (couteaux, machettes, haches), suivie d’une aspersión d’essence et de l’incendie des corps. Ils avaient déjà fait des aveux télévisés plusieurs mois auparavant. Deux autres condamnés du même dossier avaient été exécutés le 19 juillet. Les charges retenues incluent notamment *moharebeh* (inimitié envers Dieu), rébellion armée et destruction de biens publics. On peut discuter de la qualité du procès, de la publicité des exécutions ou du recours à la peine capitale. On ne peut pas feindre qu’il s’agit d’exécutions purement politiques de manifestants pacifiques.

Or Seban ne mentionne aucune de ces accusations. Elle efface le contexte violent pour transformer l’affaire en pure illustration de la « barbarie » iranienne. C’est un procédé classique : sélectionner le fait qui sert le récit, supprimer ceux qui le compliquent, et conclure par un appel moral absolu.

Le silence sélectif

Cette indignation est d’autant plus frappante qu’elle est asymétrique. Les États-Unis, que Seban et bien d’autres présentent volontiers comme un modèle démocratique, appliquent toujours la peine de mort. En 2025, 47 personnes y ont été exécutées (injection létale, hypoxie à l’azote, peloton d’exécution). Des exécutions sont encore prévues en 2026 dans plusieurs États. Shannon Seban ne semble jamais s’émouvoir de ces cas, ni appeler à la fermeture des ambassades américaines, ni dénoncer un « régime barbare ».

De même, Israël maintient la peine de mort dans son arsenal juridique (notamment pour certains crimes de guerre, trahison ou génocide). Si son application aux prisonniers palestiniens reste rare dans la pratique récente, le principe existe et a été évoqué à plusieurs reprises dans le débat public israélien. Là encore, silence. On ne voit pas Seban exiger la fermeture des représentations israéliennes au nom des mêmes « grands idéaux » des droits humains.

Autrement dit : la peine capitale est intolérable quand elle est iranienne, et digne d’un silence poli quand elle est américaine ou quand le cadre juridique israélien la permet. Les « démocraties attachées aux droits humains » ne semblent devoir fermer que les ambassades des « mollahs ».

Propagande et instrumentalisation

On peut parfaitement critiquer un système judiciaire ou le recours à la peine de mort, sans pour autant accepter une lecture purement propagandiste. Présenter ces exécutions comme le simple meurtre de jeunes innocents, sans jamais citer les accusations de meurtre de policiers et d’incendie de leurs corps, ce n’est pas défendre les droits humains. C’est instrumentaliser des morts pour alimenter une ligne politique anti-iranienne constante.

Seban, dans sa logique ultra sioniste n’est pas obligée d’aimer la République islamique. Elle n’est pas obligée de défendre la peine capitale. Mais si elle invoque les principes universels des démocraties, elle devrait les appliquer de façon cohérente. Or son indignation est à géométrie variable : maximale contre Téhéran, inexistante contre Washington, et absente dès qu’il s’agit d’Israël. Ce n’est pas de l’universalisme. C’est de la sélectivité idéologique.

Crier à la barbarie, tout en fermant les yeux sur les pratiques de ses alliés, ne renforce pas la crédibilité de la critique. Cela la disqualifie.

La Rédaction du National Émancipé 

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