Face à eux, les Iraniens ne se comportent pas en « bédouins » improvisés. Ils s’appuient sur une histoire militaire et étatique qui remonte à plus de quatre millénaires : empires achéménide, parthe, sassanide, puis les siècles de résistances successives. Cette profondeur historique nourrit une culture de la résilience et de la souveraineté. Les Gardiens de la Révolution et les forces armées iraniennes ont absorbé les coups, adapté leurs tactiques (missiles, drones, harcèlement maritime) et refusé de céder le contrôle stratégique du Golfe. Le conflit demeure largement maîtrisé par l’Iran dans sa dimension asymétrique et dans sa capacité à imposer un coût élevé à l’adversaire.
Ceux qui misaient sur une contre-révolution ou sur l’effondrement rapide du régime se sont trompés. Les funérailles d’Ali Khamenei, les ripostes coordonnées et le maintien de la cohésion interne montrent qu’il n’y a, pour l’heure, aucune perspective de basculement interne favorable aux plans de changement de régime. Soutenir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est refuser de transformer une nation millénaire en simple terrain de jeu géopolitique. L’Iran n’est pas une page blanche à réécrire depuis l’extérieur.
L’erreur fondamentale de Washington a été de sous-estimer cette réalité. Traiter un peuple porteur d’une tradition militaire et politique aussi ancienne comme une cible de facilité conduit à l’impasse stratégique que l’on observe aujourd’hui : frappes répétées, cessez-le-feu éphémères, soldats fatigués, détroit contesté, et un adversaire qui tient. La guerre continue. Mais elle n’est pas celle que les États-Unis croyaient pouvoir dicter.
La Rédaction du National Émancipé

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