8 août 2026

Guerre en Iran : quand une puissance s’attaque à un peuple de 4 000 ans d’histoire militaire

Le conflit engagé le 28 février 2026 par les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran n’a pas livré le scénario espéré à Washington. Cinq mois plus tard, après un protocole d’accord signé à la mi-juin puis rapidement enterré, les États-Unis multiplient les frappes sur des dizaines de cibles iraniennes tandis que Téhéran riposte contre des bases américaines au Koweït, à Bahreïn et ailleurs. Le détroit d’Ormuz reste sous forte influence iranienne. Le conflit n’est pas maîtrisé par les États-Unis.

Les soldats américains en paient le prix. Déploiements prolongés, alertes permanentes, pertes humaines (une vingtaine de morts reconnus, plusieurs centaines de blessés selon les bilans partiels), usure des stocks de munitions et coûts déjà estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars : la lassitude s’installe. Ce n’est plus une opération-éclair. C’est une guerre d’usure dans laquelle l’armée américaine découvre les limites de sa projection de force face à un adversaire déterminé.

Face à eux, les Iraniens ne se comportent pas en « bédouins » improvisés. Ils s’appuient sur une histoire militaire et étatique qui remonte à plus de quatre millénaires : empires achéménide, parthe, sassanide, puis les siècles de résistances successives. Cette profondeur historique nourrit une culture de la résilience et de la souveraineté. Les Gardiens de la Révolution et les forces armées iraniennes ont absorbé les coups, adapté leurs tactiques (missiles, drones, harcèlement maritime) et refusé de céder le contrôle stratégique du Golfe. Le conflit demeure largement maîtrisé par l’Iran dans sa dimension asymétrique et dans sa capacité à imposer un coût élevé à l’adversaire.

Ceux qui misaient sur une contre-révolution ou sur l’effondrement rapide du régime se sont trompés. Les funérailles d’Ali Khamenei, les ripostes coordonnées et le maintien de la cohésion interne montrent qu’il n’y a, pour l’heure, aucune perspective de basculement interne favorable aux plans de changement de régime. Soutenir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est refuser de transformer une nation millénaire en simple terrain de jeu géopolitique. L’Iran n’est pas une page blanche à réécrire depuis l’extérieur.

L’erreur fondamentale de Washington a été de sous-estimer cette réalité. Traiter un peuple porteur d’une tradition militaire et politique aussi ancienne comme une cible de facilité conduit à l’impasse stratégique que l’on observe aujourd’hui : frappes répétées, cessez-le-feu éphémères, soldats fatigués, détroit contesté, et un adversaire qui tient. La guerre continue. Mais elle n’est pas celle que les États-Unis croyaient pouvoir dicter.

La Rédaction du National Émancipé 

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