29 juil. 2026

Iran : la nouvelle hystérie après l’humiliation

Depuis la fin du premier volet de la guerre déclenchée le 28 février 2026 par les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, une vague de reportages, documentaires et analyses inonde les écrans et les colonnes françaises. Le ton est familier : caricatures grossières, raccourcis historiques, focalisation exclusive sur les aspects les plus caricatural, mensonges et complaisance, et silence presque total sur le contexte stratégique qui a conduit à l’accord de juin.

Ce regain d’attention n’est pas anodin. Entre février et juin, les États-Unis et Israël ont engagé une offensive majeure. Ali Khamenei a été tué dès les premières heures. Le régime iranien a tenu. Un protocole d’accord a été signé à la mi-juin. De nombreux analystes, y compris occidentaux, ont qualifié l’issue de revers stratégique pour Washington et Tel-Aviv : le régime a survécu, le détroit d’Ormuz est resté un levier puissant, et les objectifs initiaux de changement de régime ou de neutralisation totale des capacités iraniennes n’ont pas été atteints.

Les obsèques d’Ali Khamenei, organisées en juillet après des mois de report, ont rassemblé des foules immenses et constitué une démonstration de force politique et populaire.

C’est précisément cette séquence – échec militaire relatif suivi d’une mise en scène de continuité – qui semble avoir ravivé, dans certains médias français, un réflexe de diabolisation. Documentaires et reportages multiplient les images d’archives, les témoignages sélectionnés et les formulations qui réduisent quarante-cinq ans d’histoire iranienne à une série de clichés. Les dynamiques régionales, le rôle des sanctions et la logique de dissuasion disparaissent derrière un récit binaire.

Cette couverture s’inscrit dans une tradition déjà ancienne. Elle ressurgit chaque fois que Téhéran résiste ou que les plans occidentaux s’enlisent. Elle prépare les esprits à de nouvelles escalades en présentant toute critique de la ligne officielle comme une complaisance envers « le régime ». Elle occulte aussi le coût humain et économique de la guerre pour les populations de la région, ainsi que les risques d’embrasement plus large.

Le devoir est clair : refuser de servir de caisse de résonance aux faiseurs de guerre. Propagande de préparation à une nouvelle intervention, non. L’humiliation stratégique de février-juin 2026 ne justifie pas de transformer chaque actualité iranienne en prétexte à une campagne de délégitimation totale.

Les médias ont une responsabilité. Celle de ne pas transformer l’échec d’une guerre en argument pour en préparer une autre. Attention aux pièges.

La Rédaction du National Emancipé

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