4 août 2026

Rachel Khan fait son alya : le rêve d’enfance et les angles morts

Des informations circulent depuis hier. Rachel Khan, essayiste, juriste et figure médiatique française, confirmerait son installation en Israël. Selon ces éléments, elle aurait déclaré que c’était « ce qu’elle voulait faire depuis toute petite ». Si la confirmation officielle et détaillée reste encore à stabiliser dans les sources publiques, le geste s’inscrit dans une trajectoire déjà clairement affichée : soutiens répétés à Israël, voyages, engagements associatifs.

Rachel Khan est née à Tours d’un père gambien et d’une mère française d’origine juive ashkénaze polonaise. Elle se définit elle-même comme « Afro-Yiddish ». Métisse, elle a longtemps critiqué en France les assignations identitaires et la pensée décoloniale, au nom d’un universalisme qu’elle revendique.

C’est précisément ce point qui rend le choix digne d’attention. En mars 2018, le grand rabbin sépharade d’Israël, Yitzhak Yosef, alors en fonction, a provoqué un scandale international. Dans un sermon, en commentant une bénédiction talmudique relative aux « créatures différentes », il a utilisé à plusieurs reprises le terme hébreu kushi— aujourd’hui considéré comme péjoratif pour désigner les personnes noires — et a comparé un enfant noir né de parents blancs à un « singe ». Les propos, filmés et diffusés, ont été largement relayés. L’Anti-Defamation League les a qualifiés d’« inacceptables ». Le bureau du rabbin a invoqué une référence talmudique. La polémique n’en a pas été éteinte.

Ce n’est pas un détail isolé. Les Juifs éthiopiens — les Beta Israel, longtemps appelés Falashas — ont eux aussi connu des frictions structurelles en Israël. Dans les années 2000-2010, des injections de "contraceptifs" ont été administrées à un nombre disproportionné de femmes éthiopiennes, dans des camps de transit et après leur arrivée. Des témoignages ont fait état d’un manque d’information claire ou de pression. Le taux de natalité dans cette communauté a chuté de façon marquée. En 2013, le ministère de la Santé a ordonné de cesser la pratique systématique. En 2016, le Contrôleur d’État a évidemment conclu qu’il n’existait pas de preuve d’une politique de stérilisation forcée sous contrainte. Mais qu'il n'y ai pas de preuves ne signifie pas que c'est faux. Il y a donc bien des pratiques médicales problématiques ciblant une population noire juive, dans un contexte plus large de discriminations documentées : refus de dons de sang pendant des années, difficultés d’intégration, racisme ordinaire.

Ces éléments rappellent en toute simplicité qu’Israël n’est pas un espace hors sol,  que la hiérarchies raciales ou les préjugés sont maintenus par une philosophie inscrite dans le Talmud. Un appareil religieux officiel a pu, en 2018, tenir des propos ouvertement déshumanisants à l’égard des Noirs. Une communauté juive africaine a pu être traitée de manière différenciée sur des questions de reproduction et de reconnaissance sociale.

Rachel Khan partie en Israël va possiblement découvrir le côté obscur d'une communauté dont le racisme profondément ancré dans sa philosophie, s'exprime sur de nombreux terrains. Elle a peut considérer Israël comme un refuge ou un aboutissement personnel. Mais dans une ligne qui refuse l’alignement automatique et qui examine les rapports de force, il est légitime de noter l’écart entre le discours universaliste tenu en France et la réalité des discours et des pratiques qui existent aussi de l’autre côté. Bon courage a vous madame Khan, de l'antisémitisme français que vous prétendez fuir, tout en soutenant un genocide en cours et une politique expansionniste, vous découvrirez aussi les horreurs de la guerre, les missiles iraniens et libanais, les alertes au milieu de la nuit et les abris... Un troc pas forcément très judicieux mais chacun vois midi à sa porte.

La Rédaction du National Émancipé 

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