5 juil. 2026

Antisémitisme et antisionisme : la fabrication d’un amalgame politique LFI la cible!

Depuis le 7 octobre 2023 et la guerre dévastatrice menée par Israël dans la bande de Gaza, les accusations d’antisémitisme se sont abattues avec une violence inédite sur les mouvements politiques qui défendent la cause palestinienne. En France, La France Insoumise (LFI) est devenue la cible principale de cette campagne. Jean-Luc Mélenchon et plusieurs de ses cadres sont régulièrement qualifiés d’« antisémites » par des éditorialistes, des responsables politiques et des organisations communautaires, au motif de leurs positions critiques envers l’État d’Israël.

Cet article propose d’examiner la mécanique de cet amalgame entre antisémitisme et antisionisme, d’en retracer les origines historiques et politiques, et de montrer en quoi il constitue une arme de délégitimation au service d’une cause : la protection de l’État d’Israël contre toute critique radicale.

1. Distinguer l’antisémitisme de l’antisionisme : une nécessité intellectuelle et politique

L’antisémitisme est une idéologie de haine envers les Juifs en tant que personnes, fondée sur des préjugés raciaux, religieux ou culturels. Le combattre est un devoir absolu pour toute force politique qui défend la démocratique.

L’antisionisme, en revanche, est une position politique. Il désigne l’opposition à l’idéologie sioniste, c’est-à-dire au projet de création et de maintien d’un État juif exclusif en Palestine. Cette opposition peut prendre plusieurs formes : critique du caractère ethnique de l’État d’Israël, dénonciation de la colonisation des territoires palestiniens, soutien au droit au retour des réfugiés palestiniens, ou encore appel à un État unique, laïque et démocratique sur l’ensemble de la Palestine historique.

On peut être antisioniste sans être antisémite, de la même manière qu’on peut critiquer le nationalisme hindou sans être anti-indien, ou dénoncer l’apartheid sud-africain sans être raciste. Inversement, on peut être sioniste et antisémite – l’histoire des alliances entre certains courants sionistes et des forces antisémites européennes, notamment avant la Seconde Guerre mondiale, en témoigne.

Confondre les deux revient à rendre impossible toute critique politique de l’État d’Israël, ce qui est précisément l’objectif recherché par ceux qui promeuvent cet amalgame.

2. La stratégie de l’amalgame : une arme politique délibérée

L’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme n’est pas le fruit d’une confusion spontanée. Elle est le résultat d’une stratégie politique consciente, portée depuis plusieurs décennies par les organisations sionistes et relayée par les médias dominants.

Dès 1975, l’Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 3379, qui assimile le sionisme à une forme de racisme et de discrimination raciale. Cette résolution est abrogée en 1991 sous la pression des États-Unis et d’Israël. Mais entre-temps, les organisations sionistes internationales ont développé une contre-offensive idéologique massive : il s’agit de faire reconnaître l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme.

Cette offensive aboutit en 2016 à la définition de l’antisémitisme adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah (IHRA), qui inclut dans ses « exemples » la critique d’Israël lorsqu’elle « nie au peuple juif le droit à l’autodétermination » ou lorsqu’elle « applique à l’État d’Israël des standards qui ne sont attendus d’aucun autre pays démocratique ». Cette définition est aujourd’hui utilisée dans de nombreux pays pour restreindre la liberté d’expression sur la question palestinienne

La Rédaction du National Émancipé 

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