1. La construction d’un récit historique contestable
L’argument avancé est le suivant : puisque les communautés juives étaient présentes en Gaule romaine, en Afrique du Nord antique ou en Espagne wisigothique avant l’émergence des États-nations modernes, elles auraient un droit moral ou historique supérieur à celui des autres groupes. Cet argument pose plusieurs problèmes.
Anachronisme historique : Les nations modernes (France, Algérie, Maroc) sont des constructions politiques récentes (XIXe-XXe siècles). Affirmer qu’un groupe était « là avant la nation » est un non-sens logique : personne n’était « français » ou « algérien » avant l’existence de ces États.
Instrumentalisation de l’histoire : Tous les peuples ont migré, se sont mélangés et ont évolué. Isoler un groupe particulier pour lui conférer un statut d’« autochtone originel » relève d’une sélection arbitraire et mensongère motivée par des objectifs politiques contemporains.
Comparaison avec d’autres discours : Ce type de rhétorique n’est pas propre au sionisme. On la retrouve chez les nationalistes hindous en Inde avec la théorie de l’hindouïté originelle, chez certains suprémacistes blancs aux États-Unis avec le mythe des premiers colons chrétien ou chez des mouvements indigénistes. Dans tous les cas, il s’agit de légitimer une domination en la présentant comme « naturelle » ou « originelle » ce qui est faux.
2. La convergence idéologique entre sionisme et extrême droite
Soulignons un point crucial : l’extrême droite contemporaine, notamment en France et en Europe, soutient de plus en plus ouvertement l’État d’Israël et certaines thèses sionistes. Cette convergence repose sur plusieurs éléments objectifs :
Un racisme partagé : Le sionisme politique, dans sa version dominante celle de l’État d’Israël et des ses divers gouvernements, repose sur une conception ethnique et exclusive de la citoyenneté, s'appuyant sur le mythe de la loi du retour, définition de l’État juif. L’extrême droite européenne défend également une conception ethnique de la nation, fondée sur la pureté culturelle ou raciale.
Un ennemi commun : Les deux idéologies désignent l’islam et les musulmans comme une menace existentielle. En France, des figures comme Éric Zemmour qui est de confession juive ou Marine Le Pen dans une moindre mesure, ont opéré un rapprochement avec des cercles sionistes, en présentant Israël comme un « rempart contre l’islamisme ».
Une vision anti-universaliste : Toutes deux rejettent l’universalisme républicain ou démocratique au profit d’un particularisme identitaire tronqué. Le sionisme affirme la primauté de l’identité juive sur les valeurs universelles qu'ils ont eu même répandus ; l’extrême droite affirme de son côté la primauté de l’identité nationale ou ethnique.
3. La Révolution de 1789 comme outil et non comme idéal
L'histoire de la Révolution française comme « révolution maçonnique » n'a plus à être nuancée. Historiquement, la franc-maçonnerie a en effet joué un rôle dans la diffusion des idées des Lumières, elle a « dirigé » la Révolution. L’émancipation des Juifs en 1791 a été un acte politique majeur, qui a intégré les Juifs comme citoyens. Aujourd'hui le sionisme a pris le pied sur le judaïsme originel. Désormais c'est une idéologie politique, théocratique qui crée elle même un amalgame entre sionisme et judaïsme. L'antisémitisme est donc promus par le sionisme car c'est un moyen essentiel pour éteindre tout réflexion et résistance à ce projet que nous devons combattre sans hésitation.
La Rédaction du National Émancipé

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