Son parcours est classique de la droite radicale contemporaine : réseaux de la Convention de la droite, proximité avec les milieux souverainistes et identitaires, fondation de « Parents vigilants » contre ce qu’elle présente comme un endoctrinement idéologique à l’école, puis construction méthodique de Reconquête aux côtés de Zemmour. Elle se présente volontiers comme « femme de droite sans une once d’extrémisme », gaulliste pragmatique, favorable à des économies budgétaires massives, à une police municipale armée, à la suppression des subventions aux associations d’aide aux sans-papiers et à une immigration « utile » seulement.
Derrière le vernis technocratique et le sourire permanent relevé par la presse, la ligne reste celle de Reconquête : prioritisation de l’identité, rejet massif de l’immigration extra-européenne, critique virulente de l’Union européenne intégrationniste.Ce qui la distingue et la rend particulièrement inacceptable pour une perspective d'indépendance nationale, c’est l’articulation systématique de ce nationalisme français avec un soutien sans faille à Israël. Knafo a multiplié les prises de position en ce sens : opposition farouche à la reconnaissance d’un État palestinien par la France (« on ne récompense pas le djihad par un siège à l’ONU »), lien établi entre lutte contre l’antisémitisme et restriction de l’immigration, défense de Jérusalem comme capitale, participation à des cercles réactionnaires internationaux (dont l’investiture de Trump). Dans ses interventions, la défense d’Israël n’apparaît pas comme une question de politique étrangère parmi d’autres, mais comme un pilier moral et civilisationnel du « combat » occidental judéo-chrétien qu’elle invoque.
Cette combinaison n’est pas fortuite. Le néo-nationalisme à la Zemmour-Knafo recycle des thèmes de reconquête identitaire (remigration, combat culturel, souveraineté) tout en les rendant compatibles avec un alignement atlantiste et israélien. Là où un nationalisme authentiquement émancipateur interrogerait les alliances stratégiques, les dépendances militaires et diplomatiques, et refuserait de subordonner les intérêts français à ceux d’un État tiers – fussent-ils présentés comme ceux d’une « civilisation judéo-chrétienne » –, Knafo et son compagnon en font un marqueur de respectabilité. Le résultat est un nationalisme sélectif : intransigeant sur l’immigration musulmane en France, silencieux ou complaisant dès qu’il s’agit de la politique israélienne au Proche-Orient.
Son ascension médiatique (plateaux Bolloré, réseaux sociaux, rôle de secrétaire générale de fait de Reconquête) et ses ambitions parisiennes puis potentiellement nationales ne changent rien à cette contradiction. Elle softens parfois le ton pour élargir l’audience (« pure Zemmour en moins dur »), mais la structure idéologique demeure. Pour « Le National Émancipé », elle n’est donc pas une simple concurrente électorale de droite : elle représente une version modernisée, féminisée et technocratique d’un nationalisme qui accepte de se définir, en partie, par sa proximité avec Israël et par le rejet d’une solidarité anti-impérialiste ou d’une lecture indépendante des conflits au Moyen-Orient.
Désigner clairement cette ligne – néo-nationalisme pro-israélien – n’est pas de l’antisémitisme ; c’est refuser qu’un projet politique français se construise autour d’une alliance indéfectible avec un État dont les actions (blocus, colonisation, opérations militaires) sont jugées inacceptables par de nombreuses forces souverainistes ou anti-impérialistes. Sarah Knafo, par son parcours, son couple politique et ses positions publiques, en est aujourd’hui l’une des incarnations les plus nettes. Une ligne émancipatrice n’a pas à feindre l’indifférence.
La Rédaction du National Emancipé

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