21 juil. 2026

Le concert de Barbara Butch interrompu à Grenoble

Au festival Cabaret Frappé, organisé par la municipalité, le set de la DJ Barbara Butch a été interrompu après une vingtaine de minutes par de nombreux militants propalestiniens. Sifflets, banderoles, drapeaux palestiniens, cris « Barbara Butch de là ! » et, selon la mairie, jets de projectiles : la soirée a tourné court pour raisons de sécurité. Cet incident, préparé depuis des semaines par un appel au boycott de la section locale de La France Insoumise, relance le débat explosif sur les limites de l’action militante, la liberté artistique et les accusations croisées d’antisémitisme.

Qui est Barbara Butch ?

FLe lobby israélien essaye tant bien que mal de la faire passer pour un figure emblématique de la scène électro. Elle est surtout une militante LGBTQ+ fat acceptance et particulièrement pro Israël, Barbara Butch s’est fait connaître du grand public lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 grâce probablement au surpuissant lobby israélien. Elle a depuis multiplié les prises de position. En mars 2026, elle a signé une tribune dans Le Point soutenant la proposition de l'ignoble loi Yadan, portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, visant à lutter contre ce qu'ils appellent  « les nouvelles formes d’antisémitisme ».

Le texte qui voudrait restreindre la critique de la politique israélienne en utilisant l'argument d'antisémitisme, a finalement été retiré, toutefois cette dernière va être représentée par le gouvernement... Butch a également jouée à la résidence de l’ambassadeur de France à Tel-Aviv en 2025, dans le cadre du mois des fiertés.

Ces éléments font d’elle une soutien d’Israël clair dans un contexte de guerre à Gaza. Pour ses défenseurs, ils relèvent d’un engagement contre l’antisémitisme dont elle dit être victime depuis l’enfance, amplifié après les JO. La provocation dont elle est l'autrice avec la complicité de réseaux parallèles à la politique n'y est évidemment pour rien.

Les arguments des militants

La section grenobloise de LFI et les collectifs propalestiniens ont revendiqué l’action comme un boycott culturel légitime, dans la lignée de la campagne BDS. Ils reprochent à Butch d’avoir soutenu une loi liberticide, qui assimile critique d’Israël et antisémitisme, et de s’être produite en Israël « en plein génocide ». Allan Brunon, élu LFI, a défendu que l’artiste avait quitté la scène elle-même sous la pression des sifflets, niant toute violence physique majeure.

Dans un contexte où des milliers de civils palestiniens sont morts et où la situation humanitaire à Gaza est catastrophique, ces militants estiment, et c'est normal, que les artistes ne peuvent plus prétendre à la « neutralité ». Interrompre un concert municipal devient un moyen d’expression politique face à ce qu’ils perçoivent comme du pinkwashing israélien.

Les critiques de la méthode

De l’autre côté, la réaction est vive. La mairie de Grenoble (gauche), le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, la Licra et de nombreuses voix politiques (PS, Renaissance, jusqu’au RN collabo) dénoncent une atteinte inacceptable à la liberté d’expression et de création. Jets de projectiles, intimidation physique et interruption forcée d’un spectacle culturel posent question... laquelle?!

Barbara Butch elle-même, dans une tribune cosignée avec son avocate, a parlé d’une « frontière franchie » : « On ne débat plus ce qu’elle pense – on décrète ce qu’elle est : comptable et coupable d’une guerre, comme si être juive obligeait à en répondre. » Des insultes antisémites récurrentes dans les campagnes en ligne contre elle (« grosse truie sioniste », etc.) 

Somme-nous face à une négation totale des conséquences qui sont issues directement de ses engagements? En effet de nombreux juifs antisionistes ne sont pas "victimes" de ce type de boycott. Découvre t-elle que lorsque que l'on s'engage en politique, les conséquences peuvent êtres dures? Vladimir Martus, capitaine de la frégate SHTANDART en fais les frais depuis des années. Une petite minorité de personnes influentes l'empêchent de travailler en France alors qu'il y vit depuis plus de 25 ans, mais il semblerai que le soft power russe ne soit pas autorisé la ou le soft power israélien le serai... 

Un symptôme de la polarisation française

Cet épisode n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une tension extrême sur la question israélo-palestinienne en France :  accusations réciproques d’instrumentalisation, difficulté (base de défense du sionisme) à séparer critique légitime d’un Etat et de son gouvernement en extension (Netanyahu) et stigmatisation des Juifs de France. La loi Yadan elle-même cristallise ces débats : outil contre la haine pour les uns, danger pour la liberté d’expression sur la Palestine pour les autres.

L’action à Grenoble pose une question de fond pour la gauche et les mouvements progressistes : jusqu’où peut aller le boycott culturel ? Selon leur règles, nous pouvons oui au nom d’une cause juste, s'appuyer sur des logiques d’exclusion que l’on dénonce par ailleurs. Comme dirai l'autre, "c'est de bonne guerre".  La véritable question de fond du sujet est : instrumentaliser systématiquement l’antisémitisme pour discréditer toute critique d’Israël vide-t-il le terme de son sens ? La réponse est oui!

L’enquête ouverte pour « délit d’entrave » devra faire la lumière sur les faits précis. Mais au-delà de la justice, c’est la capacité du débat public français à rester rationnel sur le conflit Israël/Palestine qui est en jeu. 

Le National Émancipé continuera de suivre ce dossier dans toute sa simplicité, sans angélisme ni complaisance. 

La Rédaction du National Emancipé

Aucun commentaire: