31 juil. 2026

Le soft power israélien en France : celui dont on ne parle jamais

L'articulation entre culture, mémoire et politique trouve en France un terrain particulièrement fertile. Derrière le rayonnement artistique de figures comme Serge Gainsbourg ou Gérard Darmon se dessine une stratégie d'influence plus politique, que certains qualifient de « soft power » israélien.

L'affaire Darmon : un soutien frontal à Tsahal

En mars 2024, une vidéo de Gérard Darmon en Israël a ravivé les tensions autour de ce sujet. L'acteur et chanteur y tient des propos d'un soutien explicite à l'armée israélienne :

« Vous êtes notre fierté, vous êtes notre honneur. Sans vous, on ne serait pas là Am Israël hai » ([source]).

Cette déclaration, rapportée comme une prise de position publique assumée, illustre le passage d'un soutien culturel diffus à une affirmation politique frontale, directement liée au conflit en cours.

Les Accords d’Abraham, le Sahara occidental et les leviers migratoires : réalités géopolitiques et spéculations

En décembre 2020, le Maroc a normalisé ses relations avec Israël dans le cadre des Accords d’Abraham, sous médiation américaine. En contrepartie, les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Israël a formalisé sa propre reconnaissance en juillet 2023. Ce deal a consolidé l’alliance entre Rabat et Jérusalem, avec des avancées concrètes en matière de vols directs, de cybersécurité, de coopération économique et militaire.

Le Sahara occidental reste un territoire contesté depuis le retrait espagnol de 1975. Le Maroc en contrôle l’essentiel, face au Front Polisario soutenu par l’Algérie. La majorité de la communauté internationale n’a pas suivi la reconnaissance américaine et israélienne ; beaucoup d’États s’en tiennent au processus onusien et à l’idée d’autodétermination, même si plusieurs pays européens (dont la France et l’Espagne depuis 2022) ont évolué vers un soutien au plan d’autonomie marocain de 2007, jugé « le plus sérieux, réaliste et crédible ».

30 juil. 2026

L'imposture Raphaël Glucksmann : moraliste à géométrie variable

Raphaël Glucksmann s’est réjoui, dans un tweet du 30 juillet 2026, de l’arrêté d’expulsion visant Xenia Fedorova. Il y écrit : « Xenia Fedorova est l’agent d’influence d’une tyrannie étrangère qui multiplie les opérations de déstabilisation de notre démocratie. Et les “nationalistes” qui défendent avec tant d’ardeur un pion dans la guerre hybride russe contre la France sont des patriotes de pacotille. »

Le ton est solennel, l’indignation apparente. Pourtant, ce texte révèle surtout un homme politique qui pratique l’indignation sélective avec un cynisme peu dissimulé.

Fedorova, ancienne directrice de RT France, chroniqueuse dans les médias du groupe Bolloré, est accusée par le gouvernement et par Glucksmann d’être un relais de la propagande russe. Glucksmann l’avait déjà qualifiée d’« agente russe » dès mai 2026, réclamant qu’on lui retire le micro et le titre de séjour. L’expulsion officialise ce qu’il demandait. Jusque-là, on pourrait y voir une position de principe contre les ingérences étrangères. Mais le principe s’arrête net dès que l’ingérence ne vient pas de Moscou.

La religion est politique par essence

Il est temps de le dire sans détour ni euphémisme : la religion est politique par essence. Non pas de manière accidentelle, contingente ou secondaire, mais dans ses fondements mêmes. Quelle que soit la tradition considérée – judaïsme, christianisme, islam ou d’autres formes historiques de révélation –, le message religieux porte en lui une dimension politique radicale. Il ne s’agit pas d’une simple interprétation moderne, d’une projection anachronique ou d’une lecture idéologique imposée de l’extérieur. C’est l’essence même de la prophétie, de la révélation et de l’appel à la transformation de l’homme qui est politique. Les idéologies laïques qui s’efforcent de séparer strictement le religieux du politique ne font, en réalité, que tenter d’écarter ou de neutraliser ce qui constitue le cœur du message : l’exigence de changer de comportement, d’adopter un style de vie qui modifie radicalement les rapports de pouvoir, les structures sociales et la perspective sur l’ordre du monde.

Cette affirmation n’est pas une provocation gratuite. Elle découle d’un examen attentif des textes fondateurs, de l’histoire des prophètes et de la logique interne des religions monothéistes. Les prophètes n’ont jamais été de simples contemplatifs ou des moralistes abstraits. Ils ont professé des paroles contre les tyrans, contre les idoles, contre les systèmes polythéistes et les ordres injustes de leur temps. Leur action fut révolutionnaire. Jésus de Nazareth, figure centrale du christianisme, agit comme un militant politique au sens le plus profond du terme : il s’oppose au système, prêche un Royaume qui n’est pas de ce monde tout en transformant radicalement les rapports humains ici-bas. Le sionisme contemporain, dans sa dimension politique, exprime également cette tension inhérente au judaïsme. L’islam, de même, naît et se développe comme une réforme totale de la société. Vouloir séparer religion et politique revient, souvent, à diluer le message premier – ou du moins le message le plus urgent après l’affirmation de la croyance en Dieu – qui est celui de la conversion des comportements et de la refondation de l’ordre collectif.

SNCB, déportations et « Shoah business » : jusqu’où ira la culpabilisation générationnelle ?

La Fondation Nico Gunzburg vient d’assigner en justice la SNCB et l’État belge pour le rôle des chemins de fer dans les déportations de la Seconde Guerre mondiale. Elle réclame dommages-intérêts et reconnaissance officielle de responsabilité pour les 28 convois partis de la caserne Dossin entre 1942 et 1944.

Un rapport du CegeSoma a confirmé que la SNCB de l’époque a été payée par l’occupant allemand (environ 51 millions de francs belges d’alors) et que sa direction a fait preuve d’aveuglement. Mais 80 ans plus tard, transformer cela en action en justice contre les contribuables et les usagers d’aujourd’hui relève d’autre chose.

Rachel Touitou, le langage soutenu à la télé et le « bougnoule de merde » à la maison

Rachel Touitou, intervenante régulière sur i24NEWS, la chaîne d’information israélienne francophone, a réagi à l’agression survenue le 27 juillet 2026 devant la synagogue du Perreux-sur-Marne. Un individu a arraché le collier d’une femme d’un couple juif à proximité du lieu de culte. La scène a été filmée. Une plainte a été déposée. Des médias et collectifs pro-israéliens ont immédiatement qualifié l’épisode d’acte antisémite. Rachel Touitou, elle, a choisi un autre registre : elle a publié sur X le commentaire « Bougnoule de merde », avant de le supprimer.

Le mot n’est pas ambigu. « Bougnoule » est une injure raciste classique, visant les Maghrébins et plus largement les Arabes ou musulmans. L’ajouter de « de merde » ne laisse aucun doute sur l’intention. Ce n’est pas une analyse, ce n’est pas une description factuelle du suspect visible sur les images de surveillance. C’est une insulte purement ethnique et raciale, lâchée à chaud.

Les arguments sélectifs de Shannon Seban sur les exécutions en Iran : oubli des faits, double standard et propagande.

Shannon Seban a récemment relayé l’exécution d’Abolfazl Sepahi (23 ans) et d’Amirhossein Safari (27 ans), présentés comme de simples « jeunes » pendus « publiquement la nuit dernière par le régime barbare de la République islamique d’Iran ». Elle en a profité pour appeler les démocraties « attachées aux droits humains » à fermer les « ambassades des mollahs ». Le message est clair, émotionnel, et parfaitement calibré pour la propagande anti-iranienne. Ce qu’il omet, en revanche, est tout aussi clair.

Selon l’agence Mizan, proche du pouvoir judiciaire iranien, ces deux hommes faisaient partie d’un groupe accusé d’avoir tué quatre policiers lors des manifestations de la nuit du 8 janvier à Ispahan (affaire dite de la place Alikhani). L’acte d’accusation décrit une attaque à l’arme blanche (couteaux, machettes, haches), suivie d’une aspersión d’essence et de l’incendie des corps. Ils avaient déjà fait des aveux télévisés plusieurs mois auparavant. Deux autres condamnés du même dossier avaient été exécutés le 19 juillet. Les charges retenues incluent notamment *moharebeh* (inimitié envers Dieu), rébellion armée et destruction de biens publics. On peut discuter de la qualité du procès, de la publicité des exécutions ou du recours à la peine capitale. On ne peut pas feindre qu’il s’agit d’exécutions purement politiques de manifestants pacifiques.

29 juil. 2026

Mona Jafarian : la « voix des Iraniennes » aux racines monarchistes

Mona Jafarian, régulièrement invitée sur les plateaux français pour dénoncer le « régime des mollahs », se présente comme une simple Franco-iranienne engagée pour les droits des femmes. Un regard sur son parcours familial éclaire pourtant un positionnement politique bien plus précis.

Née en septembre 1982 en Iran d’une mère kurde et d’un père perse industriel (usines de porcelaine et de peintures), elle quitte le pays à l’âge de 18 mois avec sa mère après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny. Sa mère s’installe à Paris comme grossiste en tapis. Son père, lui, reste en Iran et poursuit ses affaires sous la République islamique. La famille fait régulièrement la navette.

Plus révélateur encore : son oncle paternel, Mahmoud Jafarian, occupait des postes de premier plan sous le Shah Mohammad Reza Pahlavi. Vice-président du parti unique Rastakhiz, directeur de la Radiotélévision nationale iranienne et, selon plusieurs sources (dont des témoignages d’anciens responsables), collaborateur de la SAVAK, la police politique du régime monarchique. Il fut exécuté en mars 1979 par le tribunal révolutionnaire de Sadegh Khalkhali.

Incendies en Gironde et projets solaires : déforestation « verte » ou simple coïncidence ?

Les incendies qui ravagent la Gironde depuis le 22 juillet 2026 ont déjà brûlé plus de 42 000 hectares et forcé l’évacuation de plus de 220 000 personnes. C’est l’un des pires épisodes de feux de forêt en France depuis 1949. Au même moment, des projets de centrales photovoltaïques géantes continuent de susciter de vives controverses dans le massif des Landes de Gascogne.

Des projets qui nécessitent de raser de la forêt

Le plus emblématique reste Horizeo, porté par Engie et Neoen. Initialement prévu sur plus de 1 000 hectares de pins maritimes à Saucats, le projet a été ramené à environ 680-800 hectares. Il vise une puissance de 800 à 820 MW et un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros. Des associations et des élus locaux dénoncent depuis des années le paradoxe : détruire une forêt pour produire de l’énergie « verte ». La loi d’accélération des énergies renouvelables de 2023 a d’ailleurs fortement limité les défrichements de plus de 25 hectares, plaçant Horizeo dans une situation juridique délicate. Le dossier bute aussi sur l’objectif de « zéro artificialisation nette ».

Vol de rouleaux de Torah à Levallois-Perret : Quel antisémite pourrait voler un truc pareil?!

Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2026, entre 12 et 15 rouleaux de Torah ont été dérobés dans la grande synagogue de l’ACCIL, rue Baudin à Levallois-Perret. Deux individus se sont introduits par le toit, ont neutralisé l’alarme et les caméras intérieures, et n’ont emporté que ces objets sacrés. Aucun autre bien n’a été volé, aucun dégât n’a été constaté. Le rabbin Chalom Lellouche a découvert le forfait le lendemain matin en préparant une bar-mitsva. La police a diffusé des images de vidéosurveillance des suspects. La valeur estimée des rouleaux se situe entre 80 000 et 100 000 euros.

La réaction officielle a été unanime : la maire Agnès Pottier-Dumas, le préfet des Hauts-de-Seine et les responsables de la communauté juive locale ont immédiatement qualifié l’acte d’« antisémite ». Philippe Cohen, président de l’ACCIL, a parlé d’un « traumatisme spirituel » et insisté sur le fait que « c’est la Torah qui a été visée ». Ce cadrage domine largement la couverture médiatique.

Russie : avis de recherche international contre Pavel Durov, patron de Telegram, pour « complicité de terrorisme »

Moscou a franchi un nouveau cran dans sa guerre d’influence contre Telegram. Ce 29 juillet 2026, le FSB a annoncé avoir inculpé Pavel Durov, fondateur et dirigeant de la messagerie, pour « assistance à des activités terroristes ». Un avis de recherche international a été émis à son encontre. Les services de sécurité russes précisent que l’homme d’affaires, né en Russie et titulaire de passeports français et émirati, se trouve actuellement en France.

Selon le communiqué du FSB, Telegram aurait refusé de supprimer des canaux, chats et robots utilisés par les services spéciaux ukrainiens — ainsi que par des organisations qualifiées de terroristes ou extrémistes — pour préparer et coordonner des actes de sabotage, des attentats, des massacres et des cyberfraudes sur le territoire russe. L’enquête met particulièrement en cause un robot de rencontres populaire, « Diver / Leo » (ou Dayvinchik), déjà inscrit au registre des contenus interdits. Moscou affirme que ce bot aurait servi à recruter de jeunes Russes : 46 personnes âgées de 12 à 22 ans auraient été arrêtées depuis juillet 2025 dans seize régions pour agressions contre les forces de l’ordre et actes de sabotage.

Iran : la nouvelle hystérie après l’humiliation

Depuis la fin du premier volet de la guerre déclenchée le 28 février 2026 par les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, une vague de reportages, documentaires et analyses inonde les écrans et les colonnes françaises. Le ton est familier : caricatures grossières, raccourcis historiques, focalisation exclusive sur les aspects les plus caricatural, mensonges et complaisance, et silence presque total sur le contexte stratégique qui a conduit à l’accord de juin.

Ce regain d’attention n’est pas anodin. Entre février et juin, les États-Unis et Israël ont engagé une offensive majeure. Ali Khamenei a été tué dès les premières heures. Le régime iranien a tenu. Un protocole d’accord a été signé à la mi-juin. De nombreux analystes, y compris occidentaux, ont qualifié l’issue de revers stratégique pour Washington et Tel-Aviv : le régime a survécu, le détroit d’Ormuz est resté un levier puissant, et les objectifs initiaux de changement de régime ou de neutralisation totale des capacités iraniennes n’ont pas été atteints.

Attaque ukrainienne en mer Caspienne : une provocation délibérée pour élargir la guerre et entraîner l’Iran

Le 25 juillet 2026, des drones ukrainiens ont frappé en mer Caspienne, à plus de 1 000 kilomètres des lignes de front. Kiev a revendiqué des « résultats très solides » contre des navires « utilisés pour le transport de cargaisons militaires impliquant l’Iran », un bâtiment de guerre russe et une plateforme pétrolière. L’Iran a répondu qu’un de ses navires commerciaux avait été touché, provoquant une explosion qui a tué un marin iranien et blessé d’autres membres d’équipage. Téhéran a convoqué le représentant ukrainien, qualifié l’acte d’« hostile et criminel », de violation de la Charte des Nations unies, et a menacé de réponses.  

Cette frappe n’est pas un simple incident de guerre. Elle intervient à une distance qui démontre une capacité de projection longue portée, loin du théâtre ukrainien, sur un corridor maritime stratégique reliant la Russie et l’Iran. L’opération apparaît comme une action provocatrice visant à embraser le conflit et à engager directement l’Iran dans une guerre plus large.  

Sarah Knafo, figure du néo-nationalisme pro-israélien

Sarah Knafo, née en 1993 aux Pavillons-sous-Bois dans une famille juive séfarade d’origine marocaine et algérienne, est devenue en quelques années l’une des figures les plus visibles de Reconquête. Énarque, ancienne magistrate à la Cour des comptes, elle a dirigé la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022, en est la compagne officielle depuis 2021-2022, et siège depuis 2024 comme députée européenne (groupe Europe des nations souveraines). Elle a également été candidate à la mairie de Paris en 2026. Pour une ligne éditoriale qui refuse le néo-nationalisme identitaire et son alignement systématique sur Israël, elle incarne précisément l’adversaire politique à désigner sans ambiguïté.

Son parcours est classique de la droite radicale contemporaine : réseaux de la Convention de la droite, proximité avec les milieux souverainistes et identitaires, fondation de « Parents vigilants » contre ce qu’elle présente comme un endoctrinement idéologique à l’école, puis construction méthodique de Reconquête aux côtés de Zemmour. Elle se présente volontiers comme « femme de droite sans une once d’extrémisme », gaulliste pragmatique, favorable à des économies budgétaires massives, à une police municipale armée, à la suppression des subventions aux associations d’aide aux sans-papiers et à une immigration « utile » seulement.

26 juil. 2026

Ormuz, le prétexte et la logique de l’escalade

Le mémorandum d’entente (MOU) signé à la mi-juin 2026 entre Washington et Téhéran devait marquer une pause dans les hostilités et rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz. Moins d’un mois plus tard, ce fragile arrangement a volé en éclats. La séquence des événements est claire, même si chaque camp en tire une lecture opposée.

Des navires transitant sous protection américaine ont tenté de franchir le détroit sans se conformer aux procédures imposées par l’Iran. Téhéran a répondu par des tirs de sommation et des frappes sur plusieurs bâtiments. Washington a aussitôt qualifié ces actions de « violation flagrante » du cessez-le-feu et a ordonné des frappes massives : plus de 80 cibles iraniennes touchées en une seule vague — systèmes de défense aérienne, radars côtiers, capacités antinavires, dépôts de drones et embarcations des Gardiens de la Révolution. L’escalade s’est ensuite enchaînée de manière mécanique : ripostes iraniennes contre des bases américaines dans le Golfe, nouvelles frappes américaines, blocages réciproques du trafic maritime.

Franc-maçonnerie et représentation nationale : le cas Mélenchon et la question de l’incompatibilité

En 2009, Emmanuel Ratier, dans sa lettre Faits et Documents, publiait des documents internes du Grand Orient de France. Parmi eux figuraient des annonces de loges de la rue Cadet invitant explicitement « le frère Mélenchon » à venir plancher sur des sujets politiques. Ces documents, reproduits avec photographies, confirmaient ce que certains cercles savaient déjà : Jean-Luc Mélenchon, alors sénateur, n’était pas un simple invité occasionnel, mais un frère initié, actif dans les travaux de l’obédience.

Cette révélation n’avait rien d’anodin. Elle mettait en lumière une réalité structurelle : la présence de responsables politiques au sein d’une organisation initiatique qui, par définition, repose sur le secret, la solidarité fraternelle et des engagements qui échappent au contrôle démocratique.

Le grand basculement : comment l'antisionisme a changé de camp en vingt ans

Il y a vingt ans, l'antisionisme politique en France avait encore un visage familier. Il habitait surtout les marges de la droite nationaliste, héritière d’une longue tradition : Action française, Ordre Nouveau, Oeuvre Française, poujadisme, puis Front national de Jean-Marie Le Pen. Cette position antisioniste était naturellement un réflexe anti-atlantiste. Il parlait de lobby, de double allégeance... Il était le produit d’un nationalisme qui voyait dans l'israélien ou le franco-israélien l’étranger intérieur par excellence.

Aujourd’hui, les données de la CNCDH et les observations de terrain montrent un renversement frappant. Les accusations d'antisémitisme traditionnelles progressent nettement chez les sympathisants de l’extrême gauche (notamment LFI), tandis qu’ils reculent relativement à l’extrême droite. Pour la première fois, les niveaux d’adhésion à certains classiques se rejoignent entre les deux extrêmes. Dans le même temps, une partie de la droite nationaliste et identitaire est devenue l’un des soutiens les plus bruyants d’Israël. Comment un tel basculement a-t-il pu se produire en seulement deux décennies ?

Mahammad Mehdizade, le Chalghoumi du chiisme : un imam sorti de nulle part au service des intérêts atlantistes


Dans le paysage médiatique français, certaines figures émergent avec une rapidité suspecte. Après Hassen Chalghoumi, l’imam de Drancy devenu l’interlocuteur privilégié des plateaux de droite et des cercles pro-israéliens, voici son pendant chiite : le sheikh Mahammad Mehdizade. Originaire d’Azerbaïdjan, cet homme au turban soigneusement ajusté et à la barbe impeccable multiplie depuis début 2026 les apparitions sur CNews, i24NEWS et Radio J. Son discours est parfaitement calibré : dénonciation hystérique du régime iranien, soutien indéfectible à Israël, attaques contre La France insoumise accusée de « manipuler les musulmans », et rhétorique anti-islamiste empruntée aux éléments de langage de l’extrême droite.

Pourtant, personne ne le connaît vraiment. Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées de France et figure du CFCM, l’a dit sans détour : « Personne dans notre organisation ne le connaît. […] Il est inconnu de tous. On ne sait pas s’il est attaché à une mosquée. » Aucune grande fédération musulmane française ne le revendique. Aucune institution religieuse chiite reconnue en Iran, en Irak ou au Liban ne semble le présenter comme un de ses anciens étudiants. Sa seule trace administrative en France ? Une micro-entreprise de traduction créée le 1er novembre 2024… et fermée le lendemain.

Barbara Butch, ou l’art de la sureprésentation médiatique sans public

Dans le grand théâtre de la culture officielle française, certaines figures s’imposent non par le talent ou l’audience, mais par un cocktail identitaire parfaitement calibré. Barbara Butch en est l’illustration la plus récente et la plus criante.

DJ parisienne, militante lesbienne, body-positive et juive revendiquée, Leslie Barbara Butch (son vrai nom) a fait une apparition remarquée lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. Placée au centre d’un tableau qui a été massivement perçu comme une parodie de La Cène, elle est devenue du jour au lendemain une icône médiatique. Depuis, les institutions lui déroulent le tapis rouge : direction artistique de la Nuit Blanche 2026 à Paris, distinction de chevalier des Arts et des Lettres, couverture de magazines, plaintes relayées en boucle, tribunes dans Le Monde et Libération.

Incendies de forêt en France : sécheresse, dépassement des services et questions qui dérangent

L’été 2026 restera gravé dans les mémoires. Alors que la France brûle de la Gironde aux Pyrénées-Orientales, en passant par la Drôme et l’Île-de-France, un symbole a frappé les esprits : la forêt de Fontainebleau. Ce massif emblématique, poumon vert de la région parisienne, classé réserve de biosphère par l’Unesco, a vu plus de 2 000 hectares – environ 10 % de sa surface – partir en fumée en quelques jours à partir du 12 juillet. Du jamais vu depuis au moins un siècle, bien au-delà des grands feux de 1921 (762 hectares) ou 1945 (825 hectares).

Les images ont bouleversé : panaches de fumée visibles de loin, villages évacués (Achères-la-Forêt, Le Vaudoué, Noisy-sur-École), routes coupées, autoroute A6 interrompue. Pour la première fois en Île-de-France, des Canadair ont écoper dans la Seine, larguant des milliers de litres d’eau sur les foyers. Quatre de ces bombardiers d’eau amphibies, appuyés par des Dash et des hélicoptères, ont multiplié les rotations. Plus de 800 à 850 pompiers ont été mobilisés au plus fort de la crise, issus de colonnes de renfort venues de toute la France. Les feux ont été « fixés » le 14 juillet, mais pas éteints : le travail de longue haleine contre les reprises et les redoutables « feux zombies » dans les tourbières a duré des jours, voire des semaines.