7 juil. 2026

Fabrique à « antisémite » : comment certains médias instrumentalisent la lutte contre l’antisémitisme pour museler le débat

Le procès de Rima Hassan ce 7 juillet n’est pas seulement une affaire judiciaire. C’est le symptôme d’une dérive médiatique et politique délétère : l’amalgame systématique entre critique d’Israël et antisémitisme. Preuve en est l’article du Point qui dissèque la tribune de soutien signée par plus de 200 personnalités en brandissant l’épouvantail antisémite. Problème majeur : la très grande majorité de ces signataires n’ont jamais été condamnés pour antisémitisme. On est dans l’allégation gratuite, le signalement militant et la présomption de culpabilité collective.

Une technique de salissage bien rodée

Au menu : on liste les signataires, on met en exergue les cas les plus controversés, on parle d’« étranges compagnons » et on laisse entendre que soutenir Rima Hassan, c’est pactiser avec la haine des Juifs. Peu importe que les tribunaux aient relaxé ou classé sans suite la plupart des plaintes. L’important est de créer l’amalgame : antisionisme = antisémitisme. 

Ce tour de passe-passe permet de disqualifier d’un revers de main tout discours pro-palestinien un peu trop incisif. Comparer la politique israélienne à l’apartheid ? Antisémitisme. Parler de « résistance » palestinienne ? Apologie du terrorisme. Dénoncer les bombardements sur Gaza ? Complotisme. Pendant ce temps, le véritable antisémitisme – celui des actes violents, des tags et des théories du complot racial – se dilue dans cette inflation sémantique.

Les dégâts sont considérables

On criminalise le débat public. On transforme une eurodéputée gênante en sorcière à abattre via des dizaines de procédures. On intimide artistes, intellectuels et politiques qui osent encore dire que Gaza n’est pas un simple « conflit » mais une catastrophe humanitaire aux allures de punition collective. 

Le plus cynique ? Cette surenchère se fait au nom de la lutte contre l’antisémitisme. Une instrumentalisation qui finit par affaiblir cette lutte légitime en la rendant suspecte aux yeux de beaucoup. Quand on traite Christiane Taubira, Annie Ernaux ou Judith Butler de compagnons de route des antisémites sans preuves solides, on ne défend plus les Juifs : on protège une narrative politique intouchable.

Assez de cette police de la pensée

La justice doit juger Rima Hassan sur des faits précis, pas sur son engagement pro-palestinien global. Les médias ont le droit d’enquêter, pas celui de transformer des allégations en verdict. 

Tant qu’on confondra critique légitime d’un État et haine raciale, tant qu’on préférera les étiquettes aux arguments, on n’aura ni débat honnête ni paix durable au Proche-Orient. On aura juste une machine à fabriquer des ennemis intérieurs. Et ça, c’est dangereux pour tout le monde.

La Rédaction du National Émancipé 

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