Une instrumentalisation du vivant
Le porc devient une simple « pièce détachée » biologique. Sélectionné, modifié génétiquement (CRISPR), élevé dans des conditions industrielles pour fournir reins, cœurs ou foies. Cette vision réduit l’animal à un outil, dans une logique productiviste qui nie toute considération éthique sur la dignité du vivant. Où est la limite ? Demain, greffera-t-on des tissus neuronaux ou reproducteurs ? Cette hybridation homme-animal n’est pas neutre : elle touche à l’intégrité corporelle et à l’identité humaine.
Philosophiquement, c’est une victoire du matérialisme le plus cru. Au lieu d’accompagner la finitude humaine, la mort et la vulnérabilité, on cherche à les contourner par la technique. Le corps n’est plus un tout, mais un assemblage de pièces remplaçables. Cette idéologie transhumaniste transforme la médecine en une industrie de la réparation illimitée, au mépris de ce qui fait notre humanité.
Des risques sanitaires sous-estimés
Les essais actuels (États-Unis principalement) montrent des survies de quelques semaines à quelques mois, avec des rejets immunitaires violents et des traitements immunosuppresseurs lourds. Le risque de transmission de virus porcins (rétrovirus endogènes) persiste, même avec les modifications génétiques. Dans un monde déjà confronté à des zoonoses (COVID en tête), introduire massivement du matériel biologique animal dans des humains immunosupprimés relève de l’imprudence collective.
Plutôt que de miser sur cette solution risquée et coûteuse, pourquoi ne pas prioriser massivement le don d’organes, la prévention des maladies rénales et cardiaques, ou le développement de technologies sans recours animal (impression 3D, organoïdes, thérapies cellulaires) ?
Une honte éthique
Cette course en avant révèle un malaise plus profond : une médecine qui, face à la souffrance, choisit la voie de la domination technologique plutôt que celle de l’humilité et de la solidarité. On préfère modifier le porc et exposer des patients à des incertitudes majeures plutôt que de remettre en question notre modèle de société (alimentation, pollution, accidents de la route) qui alimente la pénurie.
Il est temps de dire non à cette dérive. La médecine doit guérir et accompagner, pas hybrider et industrialiser le vivant. Refuser les xénogreffes porcines massives, ce n’est pas refuser le progrès : c’est refuser un progrès aveugle qui nous fait perdre notre humanité.
La Rédaction du National Émancipé

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