Alors que les médias officiels nous abreuvent quotidiennement de leurs sermons moralisateurs sur l'Ukraine ou le Proche-Orient, un génocide est en train de se dérouler sous nos yeux, au Soudan. Un génocide que l'on nous cache soigneusement. Un génocide qui, comme tant d'autres avant lui, porte la signature de l'impérialisme occidental et de ses supplétifs régionaux. Depuis le 15 avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre civile dévastatrice qui oppose l'armée régulière (SAF) aux Forces de soutien rapide (RSF), des paramilitaires issus des milices janjawid qui avaient déjà sévi au Darfour dans les années 2000.
Trois ans de conflit plus tard, le bilan est apocalyptique : des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés, une famine qui menace près de 19,5 millions de personnes, et des massacres ethniques qui portent tous les stigmates d'un génocide. Mais qui parle de tout cela ? Qui dénonce ? Qui agit ? Darfour : le retour de l'horreur Le Darfour, déjà théâtre d'un génocide au début des années 2000, est aujourd'hui le cœur de cette nouvelle entreprise d'extermination.
Les Forces de soutien rapide, héritières directes des milices janjawid, mènent une campagne méthodique de nettoyage ethnique contre les populations non arabes, en particulier les communautés Masalit. Le Darfur Network for Human Rights (DNHR) , une organisation soudanaise de défense des droits humains basée sur le terrain, documente sans relâche les atrocités commises dans la région. Dans son rapport intitulé "Every day Bombs, Hunger, and Loss of Life: Accounts of Forgotten Victims in North Darfur", lancé en septembre 2025, le DNHR détaille une campagne systématique de violence contre les civils.
Le rapport met en évidence des tirs d'artillerie aveugles et répétés ciblant des sites civils, l'utilisation de la famine comme arme de guerre par des sièges et des blocus, ainsi que des déplacements massifs où les femmes et les enfants subissent de plein fouet la violence et la privation. Le DNHR a porté ces constats devant la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, présentant des preuves vérifiées d'attaques systématiques contre des populations civiles, y compris dans les camps de personnes déplacées, les hôpitaux et les marchés. « Les gens du Darfour ne peuvent pas attendre la sécurité », a déclaré l'organisation, appelant à des mesures de protection immédiates et à un accès humanitaire sans entrave.
Une fosse commune contenant les corps d'au moins 87 personnes – pour la plupart des Masalit – a été découverte dans la région du Darfour occidental. Un chiffre qui n'est que la partie émergée d'un iceberg macabre. La gomme arabique : le sang qui coule dans vos bouteilles Mais comment ce génocide est-il financé ? La réponse est aussi stupéfiante qu'indécente. Un rapport explosif de Mediapart a mis en cause deux géants français de l'industrie agroalimentaire, Nexira et Alland & Robert, dans le financement de la guerre au Soudan. Ces entreprises, basées en Normandie, sont les gardiennes de la gomme arabique, une résine que l'on trouve dans des produits du quotidien : de Coca-Cola et Pepsi aux cosmétiques L'Oréal, en passant par les snacks Nestlé.
Le Soudan produit 80 % de la gomme arabique mondiale. Mais l'immense majorité de ces arbres se trouve dans les régions du Darfour et du Kordofan, actuellement occupées par la milice RSF soutenue par les Émirats arabes unis. En transformant cette résine, les multinationales françaises fournissent aux RSF une monnaie de sang cruciale pour soutenir leurs opérations brutales. L'argent de vos sodas et de vos crèmes hydratantes alimente directement les tueurs du Darfour. Pour contourner les contrôles internationaux, les RSF feraient passer la gomme en contrebande par les pays voisins afin d'en masquer l'origine.
Cela permet à la milice de s'infiltrer dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, transformant vos boissons et vos médicaments préférés en subventions indirectes au nettoyage ethnique et aux viols systématiques. Les aveux d'un agent de la CIA : l'empire en action Cette mécanique génocidaire n'est pas une fatalité. Elle est le fruit d'un système. Et ce système, un ancien agent de la CIA, John Stockwell, l'a décrit sans fard dans une vidéo qui circule actuellement sur les réseaux. « À la CIA, je me suis rendu compte que nous attaquions uniquement les pauvres du tiers-monde », déclare-t-il. Et d'ajouter que l'Amérique, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la fin des années 1980, a perpétré ce qui constitue la troisième guerre la plus sanglante de l'histoire, faisant au moins six millions de morts, exclusivement parmi les populations pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.
Jamais en Europe. Jamais contre des puissances égales. Un génocide à bas bruit, méthodique, au service d'un empire. Ce témoignage, loin d'être isolé, confirme ce que les peuples opprimés et les esprits libres dénoncent depuis des décennies : l'impérialisme américain n'est pas une force de « démocratie » ou de « défense des valeurs occidentales », comme le martèlent les médias atlantistes. C'est une machine de guerre au service du complexe militaro-industriel, des banques internationales et d'une idéologie globaliste qui vise à soumettre les nations et à piller les ressources des plus faibles. L'hypocrisie française : des multinationales complices car derrière cette guerre civile, ce sont bien les puissances étrangères qui tirent les ficelles.
La guerre au Soudan est avant tout une guerre par procuration, alimentée par des acteurs extérieurs. Et la France, hélas, n'est pas en reste. Prisonnière de l'OTAN et des accords atlantistes, elle a souvent servi de supplétif à cet impérialisme. Il faut souligner que si le commerce de la gomme arabique fournit des liquidités aux RSF, il ne peut à lui seul soutenir l'ampleur massive de la destruction. Les Émirats arabes unis restent l'architecte principal, fournissant les armes lourdes et la couverture diplomatique qui permettent aux RSF d'opérer en toute impunité. Mais le rôle des entreprises françaises dans ce mécanisme est indéniable. Nexira et Alland & Robert, qui se partagent 65 % du marché mondial de la gomme arabique, continuent d'acheter leur matière première à des fournisseurs opérant en zones contrôlées par les RSF.
Invitées à répondre aux accusations, elles sont restées silencieuses. L'ironie tragique du consumérisme occidental Il convient de noter l'ironie tragique de la situation : l'Occident consomme les ressources naturelles du Soudan pendant que le peuple soudanais est consumé par la violence que ces achats financent. Pendant que les États-Unis, la France et leurs alliés brandissent l'indignation à géométrie variable, le Soudan sombre dans l'oubli. L'ONU, otage des vetos croisés et des intérêts des grandes puissances, est incapable d'agir. L'Union européenne adopte des sanctions « ciblées », mais ne fait rien pour arrêter les livraisons d'armes qui alimentent les deux camps.
L'hypocrisie est totale. Près de quatre millions de personnes déplacées sont rentrées chez elles dans des zones où le conflit s'est apaisé, mais des centaines de milliers de civils restent pris au piège des combats. Une troisième épidémie de choléra a fait 120 morts depuis mai 2026. La malnutrition aiguë sévère devrait toucher 825 000 enfants de moins de cinq ans cette année. Ces enfants ne sont pas des chiffres. Ce sont des vies que l'empire atlantiste sacrifie sur l'autel de ses intérêts. Nationalisme de gauche contre impérialisme globaliste Nous défendons un nationalisme populaire, anticapitaliste et souverainiste. Pas le nationalisme xénophobe des élites occidentales, mais la solidarité entre les peuples opprimés.
Pas la mondialisation financière qui pille le Sud, mais la souveraineté alimentaire, sanitaire et politique des nations. Notre ligne est claire : indépendance de la France vis-à-vis des blocs impérialistes – qu'ils soient américains, sionistes ou chinois ; rejet de l'oligarchie bancaire internationale qui finance ces guerres ; démocratie directe pour redonner le pouvoir au peuple ; et solidarité avec les nations qui résistent à l'uniformisation mondialiste.
Le génocide au Soudan est un crime contre l'humanité. Mais c'est aussi un crime contre la souveraineté des peuples africains, un crime contre leur droit à disposer d'eux-mêmes, un crime contre leur avenir. Et tant que les puissances occidentales continueront d'alimenter ce conflit par leurs manœuvres, leurs armes et leurs ingérences, ce crime continuera. Tant que nous achèterons nos sodas et nos cosmétiques sans nous demander d'où vient la gomme qui les compose, nous serons complices.
Le National Émancipé continuera de suivre de près cette tragédie, et de dénoncer ceux qui, à Paris, à Washington ou à Bruxelles, portent une part de responsabilité dans ce génocide. Car nous ne lâcherons rien. Parce que les peuples du Sud, les peuples du Soudan, les peuples du Darfour méritent mieux que l'indifférence et l'hypocrisie des puissants. Soudan, terre de génocide. Soudan, terre de résistance. Nous sommes à vos côtés.
La Rédaction du National Emancipé

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