21 juil. 2026

Doxxing militant depuis Israël : l’étrange impunité de « Sword of Salomon »

Alors que le gouvernement et les élus français multiplient les déclarations contre les ingérences étrangères et la désinformation sur les réseaux sociaux, un compte X basé en Israël continue d’exposer publiquement l’identité, le lieu de travail et les informations personnelles de citoyens français accusés d’antisémitisme. Avec une tolérance qui interroge.

« Des créateurs de contenu continuent de publier l’identité et les informations personnelles d’anonymes à des fins idéologiques et politiques depuis l’étranger, sans que les services de l’État n’interviennent. Pire, des membres du gouvernement, des élus de la République encouragent ces méthodes illégales qui aboutissent à des drames. »

C’est dans ce contexte que nous nous sommes penchés sur le phénomène à travers le compte Sword of Salomon (Liron Abou / Layron Abou).

Un profil français-israélien au service d’une cause

Né à Créteil il y a 34 ans, issu de la communauté juive locale, Liron Abou a grandi entre la France et des attaches familiales en Israël. « Membre de la communauté juive de Créteil, ayant fait ses études à l’école Ozar HaTorah puis diplômé en droit commercial, il n’était jusqu’alors qu’un simple supporter du PSG. »

Passionné de football, il a même fait l’objet d’un reportage sur RMC Sport en 2014 pour avoir fait broder une deuxième étoile sur un maillot de l’équipe de France avant sa sortie officielle. « Pourquoi faire une deuxième étoile dessus ? C’est tout simplement pour économiser de l’argent. […] Pour seulement dix euros l’aigle a fait broder son étoile. »

Son « déclic » survient après le 7 octobre 2023 : « Ayant grandi à Créteil, il a eu un déclic après le massacre du 7 octobre 2023 au festival Nova, en Israël. » Aujourd’hui installé près de Tel-Aviv avec son épouse et son fils de 6 ans, il assume pleinement son militantisme : « Depuis le 7 octobre, moi, simple militant, j’ai exposé une centaine d’antisémites, identités, visages, villes. Jamais un seul n’a couru le moindre risque pour sa vie. Seule la réputation et la carrière professionnelle étaient visées. »

Des méthodes qui contournent la loi

Le compte Sword of Salomon, créé en 2012 et devenu hyperactif en mai 2024, cible principalement des personnalités ou anonymes accusés d’antisémitisme, souvent issus des milieux propalestiniens ou LFI. Son mode opératoire : publication de photos, noms complets, employeurs, et interpellation directe des hiérarchies professionnelles.

« Indiquer l’identité, le lieu d’habitation ou l’adresse de l’employeur, et s’adresser directement à ce dernier pour le pousser à sanctionner la personne affichée aura valu trois suppressions de compte à l’Iron sur Instagram. Il abandonne et trouve sur X son public. »

Les conséquences sont lourdes : « Au moins deux personnes affichées par l’Airon Abou auraient même tenté de mettre fin à leurs jours. Et c’est sans compter les quelques sept cent vingt-trois menaces de mort que nous avons comptées en commentaire sous ses publications directes. »

Des plaintes ont été déposées par des figures comme Willy Beauvallet, Pierre Mouchel, Brahim Benzerfa, maître Rafik Chekat ou la députée européenne Rima Hassan. Pourtant, l’activité continue.

Une tolérance qui interroge face aux ingérences

Rappelons le contexte : « Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait promis de lutter, le 11 juin 2026, contre les ingérences étrangères sur les réseaux sociaux. » Le président de la République avait demandé au gouvernement de déployer des moyens contre les menaces hybrides. La France se veut pionnière en Europe sur ces sujets.

Après le scandale des municipales où une entreprise israélienne (Daccor) a été accusée de manipulations, le sénateur UDI Laurent Lafon a même proposé un observatoire de la désinformation.

Pourtant, face à un activiste français basé en Israël qui cible des citoyens français, le silence domine. « Malgré cette convergence des luttes visant à nous protéger de ces dérives dangereuses pour l’ordre public et la paix sociale […] la justice semble choisir les profils à poursuivre et ceux qui peuvent continuer d’agir impunément. »

Sur X, plateforme d’Elon Musk, « c’est l’anarchie ». Des ministres comme Amélie Oudéa-Castéra l’ont publiquement remercié, offrant une visibilité massive.

Vers un fléau plus large ?

Liron Abou n’est pas isolé. Il évoque des collaborations et des méthodes déjà testées par d’autres comptes. La question se pose : « Ces méthodes peuvent-elles devenir un fléau sur les réseaux sociaux, devenus première source d’information des Français ? D’autres militants comme Layron Abou les utiliseront-ils pour exposer de potentiels pédophiles, escrocs ou infidèles ? »

La loi anti-doxing post-Samuel Paty (août 2021) visait précisément à empêcher la divulgation d’informations personnelles entraînant des drames. Elle semble aujourd’hui inefficace face à ces pratiques.

« Un Israélien basé à l’étranger, mais une cible dans le dos de citoyens français. Carrière professionnelle ruinée, menace de mort […] Ne portent donc pas leurs fruits. »

Dans un pays où la liberté d’expression et la présomption d’innocence sont des piliers, l’impunité sélective interroge. Faut-il attendre un nouveau drame pour réagir ?

Le National Émancipé continuera de suivre ce dossier et ces dérives qui menacent la cohésion sociale et l’État de droit.

Enquête source: Contre7

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