Les principaux résultats
- 82 % des personnes interrogées soutiennent l’« expulsion forcée » (transfer) des habitants de Gaza vers d’autres pays. Une proportion significative (54 %) se dit même « très favorable ».
- 56 % appuient l’expulsion forcée des citoyens arabes d’Israël (Arabes israéliens).
- Concernant la référence biblique à Amalek (ennemi ancestral dont la Bible ordonne l’extermination totale, y compris femmes, enfants et bétail) : 65 % des Juifs israéliens estiment qu’une incarnation moderne d’Amalek existe aujourd’hui. Parmi eux, 93 % considèrent que le commandement d’« effacer sa mémoire » s’applique aux Palestiniens actuels
.- 47 % estiment que l’armée israélienne, en conquérant une ville ennemie, devrait agir comme les Israélites à Jéricho sous Josué : tuer tous les habitants.
Ces chiffres montrent que ce ne sont plus des opinions marginales réservées aux colons les plus radicaux, mais des positions majoritaires, y compris chez une partie des laïcs (69 % des laïcs soutiendraient l’expulsion des Gazans selon certaines analyses). Le soutien à ces idées « éliminatoires » a fortement progressé par rapport à des sondages similaires des années 2000.
Racines éducatives et culturelles
Cette radicalisation n’est pas spontanée. Elle s’inscrit dans une éducation et une socialisation qui transmettent depuis des décennies une vision où l’Autre (le Palestinien, l’Arabe) est présenté comme une menace existentielle permanente. Les manuels scolaires, les programmes religieux, les commémorations et une partie du discours public contribuent à forger une haine ou une méfiance profonde envers ceux qui ne partagent pas la philosophie nationale-religieuse dominante.
La référence récurrente à Amalek, invoquée par des figures politiques et religieuses, n’est pas anecdotique : elle déshumanise l’adversaire en le plaçant dans un cadre biblique d’extermination divine. Ce cadre théologique, combiné à une éducation qui insiste sur le récit exclusif d’un peuple élu face à des ennemis perpétuels, nourrit un racisme structurel qui rend acceptables des mesures qu’une grande partie de l’opinion internationale qualifie de crimes contre l’humanité ou d’entreprise de nettoyage ethnique.
Implications
Ce sondage, réalisé par un média israélien reconnu et un chercheur universitaire, met en lumière un phénomène de société profond. Il montre que, loin d’être l’apanage d’une minorité extrémiste, une large majorité de la population juive israélienne adhère aujourd’hui à des positions qui remettent en cause l’existence même des Palestiniens sur leur terre, qu’il s’agisse de Gaza, de la Cisjordanie ou des citoyens arabes à l’intérieur des frontières d’Israël.
Dans un contexte de conflit prolongé, ces données soulignent comment l’éducation à la haine et la rhétorique raciste peuvent transformer des idées autrefois marginales en consensus majoritaire. Elles interrogent durablement la possibilité d’une paix fondée sur la coexistence et le respect mutuel des droits nationaux.
Ce sondage Haaretz constitue un document important pour comprendre les dynamiques actuelles de la société israélienne. Il dépasse les discours officiels pour révéler l’état réel des mentalités.
La Rédaction du National Emancipé

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