24 juin 2026

L’argent liquide : la dernière liberté face au contrôle total

Alors que les banques centrales préparent activement l’après-cash, une vérité simple mérite d’être rappelée : l’argent liquide reste le dernier rempart de liberté financière individuelle. La déclaration d’Agustín Carstens, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), en octobre 2020, ne laisse aucun doute. Devant le FMI, il vantait les mérites des monnaies numériques de banque centrale (CBDC) en expliquant que, contrairement au cash, la banque centrale aurait un « contrôle absolu » sur les règles et l’usage de cette monnaie, grâce à la technologie.

Derrière les discours techniques sur la « modernisation des paiements » et la « lutte contre le blanchiment », le projet est clair : supprimer progressivement l’argent physique pour rendre chaque transaction traçable, programmable et contrôlable

. Limiter les paiements en espèces, multiplier les plafonds, encourager le tout-numérique sous prétexte sanitaire ou de commodité… tout converge vers un système où vos revenus, vos dépenses et vos choix seront directement sous supervision.

Contrôle absolu des revenus et des vies

Avec une CBDC, il devient possible :

- De suivre en temps réel chaque euro dépensé ;

- De programmer la monnaie (expiration, restriction à certains usages, blocage en cas de « mauvais » comportement) ;

- D’intervenir directement sur les comptes des citoyens sans passer par une banque intermédiaire ;

- De croiser ces données avec celles de l’administration, des réseaux sociaux ou des plateformes numériques.

Dans un tel système, se « désolidariser » du modèle dominant deviendrait extrêmement difficile. Vouloir vivre plus sobrement, aider discrètement sa famille ou ses proches, acheter local sans intermédiaire, ou simplement préserver sa vie privée ? Autant de gestes qui deviendraient risqués ou impossibles. L’argent liquide, lui, permet encore l’anonymat des transactions courantes. Il protège les plus fragiles, les dissidents, les petits commerçants et tous ceux qui ne veulent pas vivre sous surveillance permanente.

Les vertus concrètes de l’argent liquide

- Vie privée : un billet de 20 euros ne dit pas à une banque centrale ce que vous avez acheté, à quelle heure, ni avec qui.

- Résilience : en cas de panne informatique, de cyberattaque, de blackout ou de crise (comme on l’a vu pendant le Covid ou lors de problèmes bancaires), le cash fonctionne encore. Les CBDC, non.

- Inclusion : des millions de personnes (personnes âgées, populations rurales, exclus du numérique) dépendent encore du cash. Le supprimer les marginalise davantage.

- Liberté économique : il empêche le monopole total des grandes plateformes et des banques sur nos échanges. Il permet le troc moderne, les économies informelles saines, les initiatives locales.

Les pays qui ont le plus réduit l’usage du cash (Suède, Chine avec son yuan numérique) montrent déjà les risques : exclusion, pression sociale, contrôle accru. À l’inverse, l’Allemagne et la Suisse, qui ont conservé une forte culture du cash, affichent une plus grande résistance à ces évolutions.

Défendre le cash, c’est défendre la souveraineté individuelle

La promotion des monnaies numériques n’est pas neutre. Elle s’inscrit dans une logique plus large de centralisation du pouvoir monétaire. Face à cela, promouvoir activement l’usage de l’argent liquide n’est pas un réflexe passéiste : c’est un acte de résistance civique et de bon sens.

Continuez à payer en cash quand c’est possible. Soutenez les commerçants qui l’acceptent. Refusez la stigmatisation du « sale argent » ou du « vecteur de microbes ». Exigez des politiques qui protègent l’usage légitime de l’argent physique plutôt que de l’étrangler progressivement.

L’argent liquide n’est pas parfait, mais il incarne encore une sphère d’autonomie dans un monde qui cherche à tout numériser et à tout contrôler. Tant qu’il existera, chacun conservera une petite porte de sortie du système. La faire disparaître, c’est accepter de devenir un simple pion dont les revenus et les choix sont entièrement pilotables.


La Rédaction du National Emancipé

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