Qu'y a-t-il de commun, en effet, entre le nationalisme doctrinaire de Barrès, le glissement collaborationniste de Doriot ou de Marcel Déat, le mouvement de masse d'un colonel de La Rocque, le frontisme provocateur de Jean-Marie Le Pen et la ligne de normalisation actuelle de Marine Le Pen ? Absolument rien, si ce n'est l'usage du même mot. Ce sont les porteurs d'idées qui dessinent les contours des concepts qu'ils mettent en avant, prouvant le caractère profondément plastique et évolutif de cette doctrine.
Dans nos colonnes, la ligne éditoriale du National Émancipé s'inscrit en rupture totale avec les logiciels du passé. Nos analyses rejettent de la façon la plus claire, la plus globale et la plus définitive qui soit le nationalisme nostalgique, identitaire et raciste. L'obsession de la pureté raciale ou de l'exclusion religieuse n'est pas seulement une abjection morale, c'est une impasse intellectuelle qui divise le peuple face à ses véritables oppresseurs.
Notre journal refuse les définitions bourgeoises, aristocratiques ou simplement républicaines abstraites de la nation. Si nos articles suscitent parfois des incompréhensions, c'est parce que nous remettons en avant une grille de lecture que le système tente d'effacer : le nationalisme de gauche. Ce concept, loin d'être une nouveauté historique, est aujourd'hui réaffirmé par une minorité de penseurs et de journalistes lucides. Dans l'échiquier politique et la lecture parlementaire actuelle, ce nationalisme social et populaire apparaît pourtant comme la seule et unique alternative qui reste à la population française pour s'émanciper et reprendre en main la destinée de son pays.
Les cinquante dernières années en offrent des preuves éclatantes à travers le globe. De Cuba au Venezuela, de l'Iran à l'Ukraine, et au sein de l'ancien bloc soviétique, toutes les grandes dynamiques révolutionnaires ont pris racine dans le cadre national. Ces mouvements, historiquement classés à gauche, ont démontré qu'il est impossible de réaliser l'illusion trotskiste d'une révolution mondiale et globale, éclatant partout en même temps.
Pour briser un ordre établi, il faut un ancrage, une frontière, un espace de souveraineté. La nation, forte de sa langue, de son histoire et de sa culture partagée, est le seul berceau capable de conserver, de structurer et de protéger l'esprit d'une rupture politique face aux assauts extérieurs, une fois le système corrompu renversé.
C'est pourquoi Le National Émancipé suggère que le nationalisme est le seul garant authentique du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, un principe sacré que nous soutenons pour le monde entier et pour toutes les nations légitimes et historiques. Dire « l'Iran aux Iraniens », « la Palestine aux Palestiniens » ou « le Liban au Libanais » est une posture intellectuelle largement acceptée et répandue dans les courants de la gauche radicale.
Or, la cohérence journalistique et philosophique exige que ce principe soit également appliqué à notre propre pays. Dire « la France aux Français » ne relève pas d'un slogan de l'extrême droite raciale ; cela signifie rendre la France à ceux qui, dans leurs veines, dans leur âme et dans leur conscience, se sentent profondément français et sont prêts, s'il le fallait, à s'engager pleinement et à mourir pour leur patrie.
Aujourd'hui, le véritable ennemi du peuple n'est pas le voisin d'une autre confession ou d'une autre couleur de peau, mais le système financier apatride et la mainmise oligarchique de milliardaires dont la puissance transcende et soumet la politique de notre pays à des intérêts supranationaux. Face à cette hyper-classe mondiale, la lutte des classes traditionnelle est devenue un piège : elle fragmente la nation et dresse les forces productives les unes contre les autres au profit des spéculateurs.
À cette division stérile, notre journal oppose l'urgence de l'union des classes. C'est par la convergence des travailleurs, des artisans, des cadres et des petits entrepreneurs que le peuple détruira la tyrannie financière. Pour imager notre vision, si le monde était un village, chaque nation en serait une maison. On ne peut gérer, nourrir et protéger sa famille que dans le cadre de son foyer et de l'espace limité qui nous est accordé. La nation est notre seule maison commune, le garant ultime de notre sécurité, de notre dignité et de notre émancipation collective face à la mondialisation sauvage.
La rédaction du National Emancipé

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