Après l'Iran et le Liban, la prochaine cible de la coalition mondialiste serait la Turquie. Et l'un des enjeux de cette guerre en préparation pourrait être l'eau douce. La Turquie possède en effet un avantage géographique majeur, celui d'abriter sur son vaste territoire les sources du Tigre et de l'Euphrate, les deux artères vitales du Croissant fertile. Avec le GAP (Güneydoğu Anadolu Projesi ou Projet d'Anatolie du Sud-Est), lancé massivement dans les années 1980 et articulé autour de barrages géants comme le barrage Atatürk, Ankara a construit un réseau de 22 barrages.
Ce projet lui donne un contrôle structurel immense sur le débit hydraulique aval. Toutefois, les pays directement touchés et en tension historique permanente avec la Turquie à ce sujet sont ses voisins immédiats : la Syrie et l'Irak. Pour ces deux États en aval, la rétention d'eau par les barrages turcs aggrave de manière dramatique les sécheresses et la salinisation des terres agricoles. Israël n'avait, jusqu'à présent, pas montré de convoitise particulière envers les sources du GAP. Mais le fait que l'Etat hébreu nourrisse un projet impérialiste d'agrandissement territorial hors Palestine, appelé Grand Israël, pourrait avoir changé la donne.
Il est vrai que les sources du Tigre et de l'Euphrate se situent en Anatolie orientale (Turquie), à plus de 800 kilomètres d'Israël. Par ailleurs, sur le plan hydrologique, les bassins versants sont totalement séparés : Le Tigre et l'Euphrate s'écoulent vers le sud-est pour se jeter dans le Golfe Persique. Israël dépend d'un système hydrique totalement distinct, situé à l'ouest : le bassin du Jourdain, le lac de Tibériade et les nappes phréatiques locales (aquifères côtiers et de montagne). Géographiquement, physiquement, Israël semblait donc n'avoir aucun moyen d'accéder, de dévier ou de convoiter les eaux du GAP. il n'en demeure pas moins que le Moyen-Orient est actuellement la région la plus stressée de la planète sur le plan hydrique.
Le spectre d'une guerre armée interétatique pour l'eau paraissait s'être éloigné, notamment pour Israël, en raison d'une révolution technologique : la désalinisation. Depuis les années 2010, Israël a massivement investi dans des usines de dessalement d'eau de mer par osmose inverse (comme les sites de Sorek ou d'Ashkelon). Aujourd'hui, plus de 80 % de l'eau potable consommée par les ménages israéliens provient de la mer Méditerranée.
L'État hébreu est même devenu un exportateur net d'eau vers la Jordanie. Le pays n'a donc, a priori, aucun intérêt stratégique ni militaire à aller chercher de l'eau à un millier de kilomètres de ses frontières, mais il est évident qu'une carte transformée selon la conception du Grand Israël donnerait un éclairage tout différent, le Bassin du Tigre et de l'Euphrate faisant partie intégrante du projet expansionniste de l'entité sioniste. À l'échelle locale, l'eau reste par ailleurs un facteur de tensions aiguës entre Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie, mais sous forme de conflits de répartition et de souveraineté, loin des fleuves turcs.
Péricles Fred pour le National Emancipé

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