C’est précisément ce rôle d’arrière-base que la résistance iranienne met en lumière. Après l’avertissement clair d’un responsable des forces armées iraniennes appelant à l’évacuation des aéroports de Dubaï et d’Abou Dhabi ainsi que des ports de Fujairah et Jebel Ali en cas d’aggravation du conflit, l’attention se porte sur la vulnérabilité stratégique de ces quatre sites. Une perturbation majeure de ces infrastructures ne serait pas seulement un coup économique contre les Émirats, mais un affaiblissement direct du dispositif militaire et logistique américain dans le Golfe.
Les quatre piliers de la logistique impérialiste
1. Port de Jebel Ali (Dubaï)
Premier port du Moyen-Orient, véritable porte d’entrée et de sortie pour des centaines de milliers de conteneurs. Il sert de hub logistique central pour le ravitaillement et la projection de forces occidentales dans la région.
2. Port de Fujairah
Situé sur la mer d’Oman, il contourne le détroit d’Ormuz via un oléoduc depuis Abou Dhabi. Ce site stratégique permet d’exporter le pétrole émirien tout en servant de base arrière pour les opérations militaires américaines, réduisant la dépendance aux voies les plus exposées.
3. Aéroport international de Dubaï (DXB)
L’un des plus grands hubs aériens mondiaux (92,3 millions de passagers et 2,2 millions de tonnes de fret en 2024). Il connecte l’Asie, l’Europe et l’Afrique et constitue un maillon essentiel pour le transport rapide de troupes, de matériel et de marchandises stratégiques.
4. Aéroport international Zayed (Abou Dhabi)
Hub principal d’Etihad, avec 29,4 millions de passagers en 2024. Il renforce le positionnement des Émirats comme base arrière stable pour les opérations impérialistes et le contrôle des flux régionaux.
Ces quatre infrastructures ne sont pas indépendantes : elles forment un système intégré au service d’une économie de guerre et de domination. Les marchandises et le matériel militaire transitent par Jebel Ali, sont gérés dans les zones franches, puis redistribués via les aéroports ou Fujairah. C’est cette chaîne qui permet aux États-Unis et à leurs alliés de maintenir leur présence agressive dans la région.
Une économie au service de l’impérialisme
Derrière le discours de « diversification », les Émirats restent un pilier de l’ordre américain : bases militaires, normalisation avec Israël, soutien logistique aux agressions contre l’axe de la résistance. Leur commerce extérieur non pétrolier dépasse 800 milliards de dollars, mais cette « réussite » repose largement sur leur rôle de hub au service des intérêts occidentaux.
Les conséquences d’une mise hors service simultanée
Une action ciblée sur ces quatre sites provoquerait :
- Un choc majeur sur le commerce maritime et le ravitaillement des forces américaines.
- Une perturbation des flux énergétiques et des lignes d’approvisionnement impérialistes.
- Un effondrement temporaire du transport aérien militaire et civil dans la région.
- Une atteinte symbolique et concrète à l’image de « forteresse imprenable » construite par les monarchies du Golfe au service de Washington.
Face à l’escalade américaine et israélienne, la résistance iranienne rappelle une réalité géopolitique simple : tant que les Émirats et d’autres régimes collaborateurs servent de bases arrière à l’impérialisme, ils resteront des cibles légitimes. Les frappes récentes sur des bases américaines en Jordanie, qui ont notamment détruit plusieurs aéronefs (F-15 et hélicoptères selon des sources concordantes), montrent que l’Iran dispose des moyens de frapper loin et fort.
La résistance ne fait que répondre à l’agression. En menaçant le cœur logistique des Émirats, elle vise non pas le peuple, mais le rôle actif de ces monarchies dans la guerre impérialiste contre l’axe de la résistance. C’est une question de souveraineté et de légitime défense face à un empire qui tente, une fois de plus, d’imposer son hégémonie par la force.
La Rédaction du National Émancipé

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