19 juil. 2026

LFI et la perpétuité pour les violeurs d’enfants : quand l’idéologie l’emporte sur la protection des plus vulnérables

Dans le débat sur le renforcement des peines pour les violeurs en série d’enfants, initié par le gouvernement après l’affaire Lyhanna, le groupe La France Insoumise (LFI) s’est illustré par une position pour le moins inconfortable. Alors que le texte proposait de porter à la réclusion criminelle à perpétuité les sanctions contre les auteurs de viols multiples sur mineurs, LFI a choisi de s’y opposer ou de s’abstenir sur des points clés. Une posture qui pose question : l’opposition systématique au gouvernement justifie-t-elle de bloquer des avancées, même imparfaites, sur un sujet aussi grave ?

Une mesure de bon sens contestée pour des raisons politiques

Personne ne conteste sérieusement la gravité du problème. Des affaires comme celles de Joël Le Scouarnec ou d’autres prédateurs en série ont révélé les limites actuelles du Code pénal : 20 ans de réclusion pour des dizaines, voire des centaines de victimes. Le gouvernement, via une lettre rectificative au projet de loi sur la protection des enfants, a proposé d’aligner la peine maximale sur la réalité de ces crimes odieux. Une évolution logique, même si perfectible (délais d’enquête, imprescriptibilité, moyens pour la justice).

LFI, fidèle à sa ligne « ni droite ni gauche, mais plus à gauche », a critiqué cette approche comme une « surenchère répressive » et un « opportunisme sécuritaire ». Derrière les arguments classiques (réinsertion, inefficacité de la prison, nécessité d’une politique globale), on devine surtout le refus de voter une mesure portée par l’exécutif. C’est compréhensible dans le jeu parlementaire : l’opposition doit marquer sa différence. Mais sur la protection des enfants contre les pédocriminels, cette logique partisane devient profondément incohérente.

Incohérence idéologique et morale

LFI se présente régulièrement comme le champion des opprimés, des victimes et des plus faibles. Les enfants violés en série entrent pourtant parfaitement dans cette catégorie. Comment justifier de bloquer, ou de ne pas soutenir sans ambiguïté, un durcissement des peines dans ce domaine précis ? 

- D’un côté, le mouvement dénonce avec virulence les violences sexuelles et le patriarcat.

- De l’autre, il rechigne à voter des outils concrets (perpétuité pour les cas les plus graves) sous prétexte que la loi n’est « pas parfaite » ou qu’elle ne règle pas tout.

En démocratie parlementaire, les lois évoluent par étapes. Refuser une avancée significative parce qu’elle vient du camp adverse, c’est privilégier la posture politique au détriment de l’intérêt général. Les familles de victimes et l’opinion publique attendent des résultats, pas des débats théoriques sur la philosophie pénale.

Un calcul risqué pour LFI

Cette position risque d’apparaître comme un déni de réalité face à l’émotion légitime de la société après des affaires insoutenables. L’opinion est majoritairement favorable à des peines plus lourdes pour les prédateurs sexuels récidivistes ou sériels. En se plaçant en frein, même nuancé, LFI offre des arguments faciles à ses adversaires : « Ils sont plus durs avec la police qu’avec les pédocriminels. »

Bien sûr, on peut (et on doit) critiquer le gouvernement sur les moyens alloués à la justice, la prévention ou le suivi des sortants de prison. Mais bloquer ou affaiblir une mesure qui va dans le sens d’une plus grande protection des enfants, simplement parce qu’elle est gouvernementale, relève d’un sectarisme qui dessert la cause.

La protection de l’enfance devrait transcender les clivages partisans. Sur ce sujet, l’incohérence de LFI saute aux yeux : on ne peut pas à la fois se revendiquer du camp du progrès social et refuser des outils répressifs ciblés contre les pires criminels. Les enfants victimes méritent mieux qu’un calcul politique. En démocratie, prendre des mesures significatives, même imparfaites, est parfois la seule façon d’avancer.

La Rédaction du National Émancipé 

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