Entre le 29 juin et le 2 juillet 1934, l’Allemagne National-Socialiste fut le théâtre d’une série d’assassinats extrajudiciaires connue sous le nom de « Nuit des Longs Couteaux » (Nacht der langen Messer). Une opération préventive contre une tentative de putsch (le « putsch de Röhm »).
La montée en puissance de la SA et les tensions internes La Sturmabteilung (SA), les Sections d’Assaut ou « chemises brunes », avait joué un rôle crucial dans l’ascension du National socialisme. Dirigée par Ernst Röhm, un compagnon de la première heure d’Hitler, ces activistes de terrain comptait environ deux millions de membres en 1934. Radicale et turbulente, elle était composée en grande partie d’anciens combattants, d'anciens communistes, de chômeurs et d’éléments radicaux qui aspiraient à une révolution sociale et anticapitaliste après la prise du pouvoir.
De part sa proximité avec des concept et des éléments communistes, Röhm et une partie de la direction de la SA entretenaient des relations tendues avec l’armée régulière (Reichswehr), les milieux conservateurs et l’élite industrielle. Röhm réclamait ouvertement que la SA devienne la base d’une nouvelle armée populaire, ce qui inquiétait profondément les généraux. Des rumeurs persistantes – alimentées par des tensions personnelles, l’homosexualité assumée de Röhm et des discours radicaux – évoquaient des velléités d’indépendance ou même de coup d’État de la part de certains responsables SA. Ces tentatives ou projets, furent la raison fondamentale pour justifier l’action.
Le rôle d’Hitler, Himmler et la SS
Hitler hésita longtemps avant d’agir. Il entretenait des liens anciens avec Röhm et ne souhaitait pas nécessairement une effusion de sang massive. Cependant, poussé par Hermann Göring, Heinrich Himmler (chef de la SS) et Reinhard Heydrich, il finit a contre coeur par donner son feu vert. Himmler et Heydrich exigèrent un enquête et montèrent un dossier rassemblant des preuves, accusant Röhm d’avoir reçu de l’argent de la France pour renverser Hitler et préparer un putsch. La SS, encore subordonnée à la SA à l’époque, vit dans cette crise la raison de son ascension.
Le 30 juin, Hitler se rendit personnellement à Bad Wiessee, où Röhm et d’autres chefs SA étaient réunis, pour procéder à leur arrestation. Parallèlement, des opérations furent lancées dans tout le Reich. À Munich, Sepp Dietrich, commandant de la Leibstandarte SS Adolf Hitler, joua un rôle central dans la repression. Sous ses ordres, des prisonniers furent fusillés dans la cour de la prison de Stadelheim. À Berlin, Göring et Himmler dirigèrent une répression, qui dépassa le cadre des seuls responsables SA.
Le bilan et les excès
Officiellement, la purge fit environ 85 victimes selon les chiffres du gouvernement. Parmi les principales victimes : Ernst Röhm exécuté le 1er ou 2 juillet, des chefs SA, mais aussi des opposants conservateurs comme l’ancien chancelier Kurt von Schleicher, Gregor Strasser ou encore des figures libérales. Si Hitler voulait initialement une opération ciblée pour neutraliser un contre-pouvoir devenu incontrôlable, l’action échappa en partie à son contrôle. La SS, sous Himmler, et des unités comme celle de Sepp Dietrich multiplièrent les assassinats, éliminant des adversaires politiques plus larges. Cela illustre les dérives internes qui ont pu avoir lieu lors de la révolution nationale-socialiste.
Conséquences historiques
La Nuit des Longs Couteaux marqua un tournant décisif. La SA fut décapitée et reléguée à un rôle secondaire. La SS devint une organisation autonome et puissante, directement soumise à Hitler. L’armée, rassurée, prêta un serment de fidélité personnelle au Führer après la mort du président Hindenburg en août 1934. Hitler consolida ainsi son pouvoir, éliminant toute velléité de divisions interne significative.
La Rédaction du National Emancipé

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire