29 juin 2026

La grande hypocrisie néocoloniale : quand le Burkina Faso dit « basta » à la France, l’Empire riposte par procuration

Le Burkina Faso a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec la France. Un acte de souveraineté clair, assumé, assumé par un peuple qui en a assez d’être traité comme une arrière-cour. Et comme par hasard, juste avant cette rupture consommée, la machine européenne – ce bras armé de l’atlantisme – s’est mise en branle pour punir l’insolent.

Le 18 juin 2026, le Parlement européen adoptait une résolution virulente contre le Burkina Faso, dénonçant pêle-mêle « répression », « atteintes aux libertés » et autres poncifs habituels. Qui portait ce texte ? Christophe Gomart, ancien directeur du renseignement militaire français jusqu’en 2017, reconverti en eurodéputé LR. Un général qui a passé sa carrière à défendre les intérêts de Paris en Afrique, et qui continue aujourd’hui depuis Bruxelles. Le colonialisme ne meurt jamais, il se recycle en « résolution européenne ».

Pendant ce temps, João Gomes Cravinho, représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, se voit purement et simplement annuler tous ses rendez-vous à Ouagadougou. Porte close. Message reçu cinq sur cinq : le Burkina ne veut plus jouer le jeu de la tutelle déguisée en « partenariat ».
La France, mauvaise perdante

Évidemment, Paris et ses relais hurlent à l’« ingérence russe » ou « chinoise ». Toujours la même rengaine. Impossible d’imaginer qu’un pays souverain puisse simplement vouloir reprendre en main son destin sans l’aval de l’ancienne puissance coloniale. Impossible d’admettre que les juntes militaires – aussi critiquables soient-elles sur le plan démocratique – incarnent aujourd’hui, pour beaucoup de Saheliens, un sursaut de dignité face à des décennies d’échecs français en matière de sécurité et de développement.

Le Burkina Faso, comme le Mali et le Niger avant lui, a chassé l’armée française, s’est tourné vers d’autres partenaires, et refuse désormais la comédie diplomatique. C’est cela qui rend fous les cercles néocoloniaux parisiens et bruxellois : la perte de contrôle. La fin du « pré carré ».
Deux poids, deux mesures, comme toujours

Pendant que l’on exige des Africains la « bonne gouvernance » et le respect des « valeurs européennes », on ferme les yeux sur les dictatures amies, on arme des régimes sanguinaires quand ça arrange, et on continue à piller les ressources via des multinationales françaises. Mais qu’un État ose rompre avec le mentor, et c’est le scandale planétaire, les résolutions, les sanctions larvées et les campagnes médiatiques.

Le National Émancipé l’a toujours dit : la Françafrique n’est pas morte, elle s’est européanisée. Elle passe désormais par Bruxelles, par des généraux recyclés en députés, par des résolutions moralisatrices qui sentent le néocolonialisme à plein nez.

Le Burkina Faso ne fait que ce que tout peuple digne devrait faire : reprendre sa souveraineté. Que cela plaise ou non à Paris, à Bruxelles ou à leurs relais africains. La vague souverainiste qui traverse le Sahel n’est pas une mode : c’est le réveil d’un continent qui refuse d’être éternellement le terrain de jeu des puissances étrangères.

La France et l’Europe peuvent crier à l’ingratitude. L’Histoire retiendra simplement qu’un petit pays d’Afrique de l’Ouest a osé dire non. Et que ce non fait trembler tout l’édifice postcolonial.

Vive la souveraineté des peuples. Mort à la tutelle.

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