La version officielle et la question qui fâche : à qui profite le crime ?
Téhéran accuse ouvertement le Mossad. PressTV, y voit une nouvelle opération dans la « stratégie de décapitation scientifique »
menée depuis des années par Israël contre les cerveaux iraniens. Et l’histoire donne du poids à cette thèse : Israël a, à de multiples reprises, éliminé des ingénieurs et scientifiques iraniens partout dans le monde, sans la moindre hésitation.Mais en France, la presse mainstream, à l’image du Parisien, préfère titrer que « Téhéran a trouvé son coupable parfait dans le Mossad ». Sous-entendu : c’est de la propagande iranienne, circulez, y a rien à voir. On nous présente un adolescent déséquilibré agissant seul, et hop, l’affaire est enterrée en tant que drame crapuleux ou psychiatrique.
Pourtant, la vraie question reste : à qui profite le crime ? À un État qui voit d’un très mauvais œil l’avancée technologique iranienne en IA ? Ou à un gamin de 15 ans ? La réponse semble évidente pour qui ne veut pas se voiler la face.
L’âge du suspect : un argument qui se retourne
Les médias insistent lourdement sur le profil du mineur de 15 ans mis en examen et placé en détention. « Ce serait du jamais-vu », souffle-t-on. Sauf que cet argument se retourne contre la thèse du simple fait divers. Les services de renseignement savent parfaitement utiliser des mineurs ou des profils fragiles, moins susceptibles d’être lourdement condamnés, plus faciles à manipuler ou à sacrifier. Un exécutant jetable, connu pour ses troubles, c’est presque idéal pour une opération qui doit ressembler à un crime de rue.
Égorger quelqu’un en pleine rue devant son domicile n’est pas le mode opératoire habituel d’un ado en crise. C’est précis, froid, et terriblement symbolique.
La tactique du « fait divers » : minimiser pour ne pas déranger
On assiste une fois de plus à la grande spécialité française : transformer un assassinat potentiellement géopolitique en banale rubrique faits-divers. Pas d’enquête approfondie sur les liens d’Ali Ehsanian avec le programme iranien, pas de questions sur d’éventuelles menaces antérieures, pas d’exploration sérieuse des pistes étrangères. Juste un mineur, un aveu rapide, et on passe à autre chose.
Pendant ce temps, Israël continue sa guerre de l’ombre contre l’Iran, avec une efficacité redoutable. Et la France, terre d’accueil de nombreux chercheurs et opposants, devient un terrain comme un autre.
Ce crime soulève des questions gênantes sur la souveraineté nationale, la protection des personnes sur notre sol, et surtout sur la capacité de nos médias et de nos autorités à regarder la réalité en face sans plier devant les narratifs officiels ou les alliances diplomatiques.
Ali Ehsanian n’était pas un anonyme. C’était un pionnier de l’IA pour l’Iran. Son élimination, si elle est bien le fait d’un service étranger, constitue un acte de guerre hybride sur le territoire français. Le réduire à un drame de quartier, c’est insulter l’intelligence du public et la mémoire de la victime.
La vérité finira-t-elle par émerger, ou restera-t-elle étouffée sous le poids des convenances géopolitiques et de la peur de nommer les responsables ? À ce stade, tout porte à croire que l’on préfère la version confortable du « mineur désaxé ». Comme d’habitude.
La Rédaction du National Emancipé

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