La lobbyiste officielle du groupe Servier, Corinne Moizan, parle pour la première fois. Suspendue d’accès à l’Assemblée nationale, elle explique son métier. Et désigne cinq parlementaires qui étaient ses interlocuteurs.
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| Corinne Moizan |
Quel a été votre parcours avant de devenir lobbyiste de Servier?
CORINNE MOIZAN. J’ai été pendant neuf ans, de 1990 à 1999, l’assistante parlementaire de Jacques Godfrain, qui a été député RPR de l’Aveyron, puis ministre de la Coopération dans le gouvernement d’Alain Juppé. Auparavant, j’avais fait des études de droit public à Nanterre. J’ai voulu ensuite entrer dans le privé, en utilisant ma connaissance des pouvoirs publics, et je suis arrivée en 1999 chez Servier, où je me suis spécialisée dans le lobbying avec les parlementaires.
En quoi consiste précisément votre travail de lobbyiste?
Je suis au jour le jour l’avancement des projets de loi dans le domaine de la santé et du médicament. Les textes de financement de la Sécurité sociale, ceux sur la recherche ont des incidences fortes sur le secteur de la pharmacie. Mon travail consiste à informer le plus en amont possible mes employeurs des textes qui sont en préparation, afin qu’ils puissent présenter leurs observations.
Mais concrètement comment faites-vous?
Tout lobbyiste doit arriver à convaincre les parlementaires qui comprennent le mieux ses sujets. Moi, mon travail consiste à cibler les députés et les sénateurs médecins et pharmaciens. Il s’agit d’une dizaine de parlementaires qui comprennent le mieux nos problématiques. Je les rencontre dans leurs bureaux à l’Assemblée ou j’organise des déjeuners avec eux. Souvent, ce sont eux qui me questionnent. Cette dizaine de parlementaires me demande : « Vous en pensez quoi de ce projet de loi? Quel est l’intérêt pour votre entreprise? En quoi, éventuellement, est-ce préjudiciable? »
Quels sont les parlementaires que vous fréquentez le plus souvent?
Je rencontre régulièrement les députés UMP Jean-Pierre Door (cardiologue, Loiret) et Michel Heinrich (pharmacien, Haut-Rhin), ainsi que les élus PS Marisol Touraine (conseillère d’Etat, Indre-et-Loire) et Catherine Lemorton (pharmacienne, élue de Haute-Garonne). Je rencontre aussi le sénateur Dominique Leclerc (UMP, élu du Loiret, pharmacien de profession). Ce sont des bons connaisseurs du secteur.
Avez-vous un exemple précis à donner du résultat de votre travail de lobbying?
Les parlementaires voulaient promouvoir le développement des médicaments génériques. Nous avons défendu les médicaments de marque. Car cela favorise la recherche en France. Nous avons été entendus.
Qu’est-ce que vous avez le droit de faire et ne pas faire?
Le lobbying est une activité très réglementée. On ne fait pas de cadeaux comme le prévoit le code de déontologie. J’ai accès avec mon badge au 126, rue de l’Université, aux bureaux des députés. Je peux aller dans la salle des Quatre-Colonnes à certaines heures, mais je dois la quitter à partir de 14h30 le jour de la question d’actualité, lorsque les journalistes sont présents. Je ne m’occupe que des parlementaires, pas des ministres.
Comment réagissez-vous à la suspension de votre accréditation à l’Assemblée?
Je suis abasourdie. C’est profondément injuste ce qui arrive au groupe Servier. Au Sénat, on ne m’a rien reproché, mais j’évite pour l’instant d’y retourner. Certaines personnes qui me croisaient dans les brasseries autour de l’Assemblée ne me disent plus bonjour. Je n’ai rien à me reprocher. Les autres lobbyistes de l’industrie pharmaceutique travaillent comme nous.
Mais comment vivez-vous le scandale du Mediator?
C’est vraiment une injustice. Je suis très affectée par cette crise. Je suis toujours fière de travailler dans cette entreprise qui se bat pour la recherche. Source: Le Parisien
Je suis au jour le jour l’avancement des projets de loi dans le domaine de la santé et du médicament. Les textes de financement de la Sécurité sociale, ceux sur la recherche ont des incidences fortes sur le secteur de la pharmacie. Mon travail consiste à informer le plus en amont possible mes employeurs des textes qui sont en préparation, afin qu’ils puissent présenter leurs observations.
Mais concrètement comment faites-vous?
Tout lobbyiste doit arriver à convaincre les parlementaires qui comprennent le mieux ses sujets. Moi, mon travail consiste à cibler les députés et les sénateurs médecins et pharmaciens. Il s’agit d’une dizaine de parlementaires qui comprennent le mieux nos problématiques. Je les rencontre dans leurs bureaux à l’Assemblée ou j’organise des déjeuners avec eux. Souvent, ce sont eux qui me questionnent. Cette dizaine de parlementaires me demande : « Vous en pensez quoi de ce projet de loi? Quel est l’intérêt pour votre entreprise? En quoi, éventuellement, est-ce préjudiciable? »
Quels sont les parlementaires que vous fréquentez le plus souvent?
Je rencontre régulièrement les députés UMP Jean-Pierre Door (cardiologue, Loiret) et Michel Heinrich (pharmacien, Haut-Rhin), ainsi que les élus PS Marisol Touraine (conseillère d’Etat, Indre-et-Loire) et Catherine Lemorton (pharmacienne, élue de Haute-Garonne). Je rencontre aussi le sénateur Dominique Leclerc (UMP, élu du Loiret, pharmacien de profession). Ce sont des bons connaisseurs du secteur.
Avez-vous un exemple précis à donner du résultat de votre travail de lobbying?
Les parlementaires voulaient promouvoir le développement des médicaments génériques. Nous avons défendu les médicaments de marque. Car cela favorise la recherche en France. Nous avons été entendus.
Qu’est-ce que vous avez le droit de faire et ne pas faire?
Le lobbying est une activité très réglementée. On ne fait pas de cadeaux comme le prévoit le code de déontologie. J’ai accès avec mon badge au 126, rue de l’Université, aux bureaux des députés. Je peux aller dans la salle des Quatre-Colonnes à certaines heures, mais je dois la quitter à partir de 14h30 le jour de la question d’actualité, lorsque les journalistes sont présents. Je ne m’occupe que des parlementaires, pas des ministres.
Comment réagissez-vous à la suspension de votre accréditation à l’Assemblée?
Je suis abasourdie. C’est profondément injuste ce qui arrive au groupe Servier. Au Sénat, on ne m’a rien reproché, mais j’évite pour l’instant d’y retourner. Certaines personnes qui me croisaient dans les brasseries autour de l’Assemblée ne me disent plus bonjour. Je n’ai rien à me reprocher. Les autres lobbyistes de l’industrie pharmaceutique travaillent comme nous.
Mais comment vivez-vous le scandale du Mediator?
C’est vraiment une injustice. Je suis très affectée par cette crise. Je suis toujours fière de travailler dans cette entreprise qui se bat pour la recherche. Source: Le Parisien

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