Qui est Marwan Barghouti ?
Né en 1959 à Ramallah, Marwan Barghouti est une figure centrale du Fatah, le parti historique de Yasser Arafat. Il a passé de nombreuses années dans les prisons israéliennes avant même la seconde Intifada. Diplômé de l’Université de Bir Zeit, il était perçu comme un leader pragmatique, capable de dialoguer avec les Israéliens tout en restant proche des aspirations populaires palestiniennes. Beaucoup voyaient en lui un futur président de l’Autorité palestinienne.
Arrêté en 2002 par l’armée israélienne, il a été condamné en 2004 à cinq peines de prison à vie pour implication dans des attentats ayant causé la mort de civils israéliens. Son procès a été largement critiqué par des organisations de défense des droits humains, qui ont dénoncé des irrégularités et l’absence de preuves directes.
Les tentatives d’assassinat et la question de la “pacification”
Un aspect moins connu du grand public est que Marwan Barghouti a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat ciblé par l’armée israélienne, notamment durant la seconde Intifada. Pour ses soutiens, cela illustre la volonté d’Israël de décapiter la direction politique palestinienne modérée, plutôt que de négocier une paix juste.
Aujourd’hui encore, depuis sa prison, Barghouti reste une figure de rassemblement. Il a appelé à plusieurs reprises à la fin des violences et à une solution politique. Ses partisans le décrivent comme un “Mandela palestinien” : un homme qui, après avoir lutté par les armes dans un contexte d’occupation brutale, est devenu un symbole de la quête de liberté et de dignité.
La polémique française : citoyenneté d’honneur et accusations de terrorisme
En France, la décision de Saint-Denis a déclenché une tempête médiatique. Shannon Seban, figure du mouvement “sioniste français”, a vivement réagi, dénonçant une “honte” et une “glorification du terrorisme”. Selon elle, accorder un tel honneur à un homme condamné pour meurtre est une insulte aux victimes.
Mais cette indignation sélective interroge. Comme le soulignent les défenseurs de Barghouti, des milliers de Français binationaux se sont engagés dans l’armée israélienne, participant à des opérations militaires dans les territoires occupés, parfois accusées par l’ONU et des ONG de violations du droit international. Ces faits, pourtant documentés, ne suscitent ni polémique ni remise en cause de leur nationalité française.
Double standard et silence gênant
Le cœur du débat réside dans ce double standard. D’un côté, un leader palestinien, élu démocratiquement, emprisonné depuis 20 ans, est qualifié de terroriste pour avoir résisté à une occupation militaire reconnue comme illégale par la Cour internationale de justice. De l’autre, des citoyens français qui choisissent de servir dans une armée étrangère impliquée dans des exactions contre un peuple occupé ne sont jamais inquiété.
La Rédaction du National Émancipé

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