Le dernier bilan de Frontex, l'agence chargée de surveiller les frontières extérieures de l'UE, alerte sur une explosion des flux migratoires.
Entrées d'illégaux en hausse de 48%, avec 107.000 migrants -ils arrivent de Syrie, du Maroc, d'Afghanistan, d'Albanie ou d'Érythrée, contrôlés aux postes frontières, munis souvent de faux papiers, cachés dans des camions ou entassés dans des boat people qui menacent de sombrer -, tandis que les demandes d'asile explosent de 30%, pour atteindre plus de 350.000 requêtes en 2013, (et même plus de 400.000, selon Eurostat, dont 51.000 Syriens), soit autant que le nombre de séjours illicites détectés par les autorités des États membres en un an! Le dernier bilan de l'agence Frontex, bras séculier de l'Europe pour le contrôle des frontières extérieures de l'Union, contient tous les ingrédients d'une crise.
Le Figaro a décortiqué les analyses trimestrielles de cette institution stratégique, dont le rapport Q4 (sur le quatrième trimestre 2013), fraîchement imprimé, permet de remonter le film de l'année écoulée. On y découvre que Frontex a dû faire face à un afflux historique de migrants aux bordures de l'Europe. Une pression qui ne retombe pas et qui explique largement les dramatiques naufrages qui se multiplient en mer, de Malte à Lampedusa, ces derniers mois.
Le bilan 2013 pointe, en effet, d'inquiétantes failles dans la réponse collective. Alors que la pression migratoire n'a jamais été aussi forte, les décisions de renvoi des clandestins ont diminué en un an de 16%. Sur un peu plus de 220.000 éloignements, 30% des mesures environ n'ont pas été exécutées. Les retours forcés ont été de 87.000 environ pour un peu plus de 63.000 retours volontaires.
Autre point noir: la détection des réseaux de passeurs en baisse de 10% en 2013. Selon Frontex, sur fond de facilitation de la fraude documentaire, les passeurs sont désormais «capables d'agir à distance et imperceptiblement plutôt que d'accompagner les migrants durant leur voyage à hauts risques». Une situation qui se dégrade donc, alors que le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, estime qu'«Interpol et Europol (agences de coopération de police respectivement internationale et européenne) doivent agir» contre ces réseaux «qui font leur fortune sur la misère et le trafic humain».
Or la France est particulièrement visée par les fraudes décrites. Dans son dernier rapport trimestriel, Frontex a classé les documents falsifiés: 10% des faux passeports détectés sont français, le plus fort taux de tous les pays européens, mais aussi 30% des faux visas, là aussi un record.
Il y a les clandestins qui entrent et il y a ceux qui restent. Or, dans cette catégorie, force est de constater que l'Hexagone s'illustre tout autant. Le troisième trimestre de l'année 2013, celui où tous les records furent battus en matière d'entrées illicites aux frontières extérieures de l'Europe, la France décrochait la première place au palmarès des pays de forte affluence en termes de séjours illégaux détectés: +26% d'augmentation, devant l'Allemagne (+24%) et la Suède (+6%), ces trois pays ayant détecté, à eux seuls, durant cette période, «40% de tous les séjours clandestins mis à jour en Europe», relève Frontex.
Le territoire français représente bien un eldorado pour les migrants du monde entier. Ces chiffres témoignent également de l'activité de contrôle de la police et de la gendarmerie en France, même si les services de la Place Beauvau ont sensiblement levé le pied en termes de lutte contre l'immigration clandestine par rapport aux années Sarkozy. Les éloignements d'étrangers en situation irrégulière, par exemple, ont diminué en 2013, par rapport à l'année précédente: de 1850 par mois environ en 2012 à 1750 en moyenne l'an dernier sur le seul territoire métropolitain.
Les nouvelles tendances en Europe sont claires. Les Syriens, qui fuient par dizaines de milliers la guerre, sont devenus «les plus représentés parmi les illégaux entrants ou séjournant» dans l'Union, dit Frontex. La brèche la plus importante qu'ils empruntent est «entre la Turquie et la Bulgarie», au rythme de 1000 entrées par mois pour ce seul point d'accès.
Selon l'agence, désormais les nouveaux «migrants syriens suivent les conseils de leur famille de refuser les prises d'empreintes» lorsqu'ils sont contrôlés.
Source: Le Figaro
Le National Emancipé 2014
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire