La perpétuité incompressible existe déjà pour les cas les plus graves (meurtres précédés de viols sur enfants de moins de 15 ans, terrorisme), appliquée à des monstres comme Michel Fourniret ou Pierre Bodein. Mais pour les viols en série sans meurtre, les peines maximales tournent souvent autour de 20 ans, avec des libérations conditionnelles possibles. Est-ce proportionné à la destruction de vies entières ? Des réseaux pédophiles jugés récemment ont valu des peines de 6 à 16 ans pour des dizaines ou centaines de victimes.
Manquements systémiques dans les enquêtes et poursuites
Ce laxisme apparent n’est pas isolé. Les statistiques et rapports internes pointent un effondrement : stocks de 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, classements sans suite faute de moyens, enquêtes indigentes (seulement 30 % avec actes d’investigation sérieux comme réquisitions téléphoniques ou analyses informatiques dans certains échantillons). L’affaire Lyhanna, où une plainte pour viols n’a pas été traitée prioritairement, a forcé un réexamen massif, révélant des dysfonctionnements structurels : manque d’enquêteurs spécialisés, auditions tardives, parole des enfants mise en doute. La CEDH a même condamné la France pour défaut de protection dans des cas de viols sur mineures.
Ces failles ne sont pas seulement budgétaires. Elles interrogent la priorité accordée à la protection des plus vulnérables face à une justice engorgée et parfois réticente.
L’affaire Epstein : le refus de transparence qui pose question
Le cas Epstein illustre dramatiquement ce malaise. Des documents américains récemment publiés ont révélé un volet français significatif : appartement avenue Foch à Paris, liens avec l’élite (Jack Lang et sa famille, diplomates, conseillers politiques, mentions de figures comme Olivier Colom ou d’autres). Malgré des perquisitions tardives et des signalements, l’enquête française semble avoir patiné. La demande d’une commission d’enquête parlementaire, portée notamment par LFI, a été refusée par les présidents de l’Assemblée (Yaël Braun-Pivet) et du Sénat, invoquant la séparation des pouvoirs et des procédures judiciaires en cours.
Argument recevable en théorie, mais contesté : une commission parlementaire n’empiète pas sur la justice ; elle contrôle l’action des institutions publiques, les délais (pourquoi attendre des années après la mort d’Epstein pour perquisitionner ?), la coopération internationale et les éventuels dysfonctionnements. Le refus systématique alimente les soupçons légitimes : les puissants se sentiraient-ils visés ? Quand des noms de l’élite politique, culturelle et financière apparaissent, même indirectement, le silence et le blocage institutionnel interrogent la capacité du système à s’auto-examiner.
Une protection des élites ou une impuissance structurelle ?
Il est légitime de se demander si, derrière les arguments juridiques, ne se cache pas une réticence à ouvrir les placards. Epstein n’était pas un loup solitaire mais le centre d’un réseau international. En France, pays de la mode et des élites mondialisées, des manquements répétés dans les enquêtes sur les violences sexuelles suggèrent soit une impuissance chronique de l’État, soit une indulgence sélective. Les condamnations restent trop faibles par rapport à la gravité, les récidives possibles, et la parole des victimes (surtout mineures) insuffisamment protégée.
Un État indépendant doit prioriser la justice pour les plus faibles, pas la préservation des réseaux. Renforcer les peines pour viols en série sur mineurs (perpétuité réelle élargie quand la multiplicité et la gravité le justifient), doter massivement la police judiciaire et les parquets, et accepter une transparence totale sur Epstein ne sont pas des mesures « répressives » excessives, mais des exigences de civilisation. Refuser cela, c’est laisser planer le doute : les puissants sont-ils au-dessus des lois quand il s’agit de protéger l’enfance ?
Le National Émancipé continuera à poser ces questions sans concession. Les citoyens méritent des réponses, pas des esquives. La protection des mineurs n’est pas négociable.
La Rédaction du National Émancipé

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