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14 janv. 2013

Pakistan: un cheikh hostile aux talibans lance sa « révolution »

Il mérite d’être mis en avant ce type car réellement moins con que beaucoup d’autres! Un Gandhi musulman? Un révolutionnaire qui fustige les terroristes dont Al Qaïda, à juste titre puisque ceux-ci sont plus un « outil » de la CIA qu’autre chose. Reste à savoir s’il restera longtemps influant…

Influent leader musulman hostile aux talibans a lancé dimanche sa « révolution pacifique » au Pakistan en marchant sur Islamabad, bousculant la classe politique à l’approche d’élections clés pour la consolidation de la démocratie dans un pays abonné aux coups d’Etat.



Après des années passées à Toronto, la plus grande ville du Canada, dont il a aussi la nationalité, Tahir ul-Qadri est rentré fin décembre au Pakistan et a appelé à une mobilisation digne de la « Place Tahrir », symbole du « printemps égyptien » de 2011, à partir de lundi dans la capitale.

Dénonçant la confiscation du pouvoir par les élites de grands propriétaires et industriels, Qadri réclame des réformes rapides qui puissent permettre aux élections nationales prévues au printemps d’être « transparentes » et de donner plus de pouvoir aux classes inférieures.

« Le gouvernement n’a offert que du terrorisme et de la corruption », lance Qadri 61 ans, barbe blanche, lunettes dorées, chapeau rond et plat blanc aux reflets argentés, au siège de son organisation du Minhaj ul-Quran (« Le chemin du Coran ») à Lahore (est), un mouvement qui compte plus de 500 écoles coraniques (madrassas) au Pakistan et des antennes dans « plus de 90 pays » dont la France.

Plusieurs milliers de ses partisans ont quitté Lahore dimanche après-midi avec l’intention d’atteindre Islamabad, située à plus 400 km de route, où ils comptent entamer lundi un sit-in jusqu’à ce que le gouvernement cède. Ce dernier a semblé tout faire pour minimiser la mobilisation, déconseillant à Qadri de prendre la route et affirmant que les talibans préparaient un attentat contre lui, ce que les rebelles ont démenti.

A Lahore, des chauffeurs de bus ont dit avoir été découragés de transporter ses partisans. A Islamabad, des écoles, des commerces seront fermés lundi, et les autorités, craignant des débordements, ont barricadé l’enclave diplomatique et gouvernementale.

Un chien dans un jeu de quilles
Docteur en droit islamique originaire de la ville de Jhang, au Pendjab (centre), Tahir ul-Qadri avait fondé un petit parti politique à la fin des années 1980. Elu député en 2002 sous le gouvernement militaire de Pervez Musharraf, il avait démissionné deux ans plus tard avec fracas et pris la route du Canada, où vit une importante diaspora pakistanaise. Il a depuis sillonné le monde, invité notamment au Forum économique mondial de Davos (Suisse).

Orateur de talent, ce leader issue de la confrérie musulmane des Barelvis, la plus importante du Pakistan, réputée pour sa tolérance, est l’auteur d’un édit (fatwa) de 600 pages jugeant non-islamiques les attentats suicide, arme de prédilection des talibans, et incarne pour certains « l’islam des lumières ».

Le 23 décembre dernier, trois jours après son retour au pays, il réussit le coup de force de réunir plus de 100.000 personnes à Lahore, où il tire à boulets rouges sur les deux principaux partis, le Parti du peuple pakistanais (PPP) du président Asif Ali Zardari, et la Ligue musulmane (PML-N) de Nawaz Sharif.

Pour ses partisans, Tahir ul-Qadri porte la voix des masses démunies et exploitées par l’élite politique richissime et corrompue au pouvoir. Ses détracteurs, du côté du pouvoir notamment, l’accusent de vouloir semer le « chaos » pour préparer le terrain à un retour aux affaires de l’armée, l’institution la plus puissante du pays, qui a rendu le pouvoir au civils en 2008. D’autres voient en lui un agent de l’Occident inquiet de la montée des extrémistes dans un Etat doté de l’arme nucléaire, ou un imposteur, car il prétend avoir reçu un message du prophète Mahomet dans un rêve.

« Il tente de perturber le processus » électoral, estime Talat Masood, un ancien haut gradé de l’armée, en notant qu’il pourrait séduire certains militaires, bureaucrates ou hommes d’affaires mécontents du système actuel. Le mandat du gouvernement court jusqu’à la mi-mars, et les élections doivent avoir lieu en principe au plus tard à la mi-mai, voire après si le scrutin devait être reporté, une perspective évoquée par certains observateurs au vu de la hausse actuelle des violences.

De la mi-mars à l’arrivée du nouveau pouvoir, un gouvernement intérimaire doit gérer le pays. Tahir ul-Qadri, qui le veut « indépendant », a déjà prévenu qu’il n’était pas candidat pour le diriger, ajoutant: « Je me bats pour le peuple, pas pour moi ».

Source : Les Moutons Enragés. 

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