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28 nov. 2011

Hollande prêt à accueillir Bayrou au gouvernement

Le candidat socialiste considère que le président du MoDem fera partie de la majorité présidentielle s'il appelle à voter en sa faveur dans l'entre-deux-tours. Une position qui ne fait pas l'unanimité à gauche.

François Bayrou l'a promis : en 2012, s'il n'est pas qualifié au second tour, il se prononcera clairement pour l'un ou l'autre des candidats encore en lice. Histoire de ne pas reproduire la période de flottement de l'entre-deux-tours de 2007, lorsque le président du MoDem avait attendu trois jours avant d'annoncer finalement qu'il ne donnerait pas de consigne de vote. Façon aussi pour François Bayrou, ministre de l'Education entre 1993 et 1997, de s'inscrire dans la perspective d'une alliance qui lui permettrait de renouer avec une expérience gouvernementale.
«Bayrou se vendra au plus offrant», raille le radical Dominique Paillé. Depuis qu'il s'est déclaré, jeudi, candidat à la présidentielle, le leader centriste, crédité de 7% des voix, est courtisé de toutes parts. Dimanche, Xavier Bertrand invitait ainsi Bayrou à «ne pas se tromper d'adversaire», notant que le ton du président du MoDem à l'égard de Nicolas Sarkozy avait changé. Jean-Christophe Lagarde, numéro deux du Nouveau Centre, souhaite que le candidat du MoDem vienne «retravailler avec la majorité». «Sa vraie famille d'origine n'est pas le Parti socialiste», juge pour sa part Alain Juppé.

Côté socialiste, François Hollande a été très clair, lundi matin, au micro de RMC. «Je n'écarterai personne mais à la condition que les formations politiques ou les dirigeants politiques aient appelé à voter pour moi au second tour. Si François Bayrou fait un choix, nous verrons lequel, au second tour, il sera dans la majorité présidentielle qui se sera constituée autour du vainqueur. (…) Tous ceux qui ont contribué au changement peuvent gouverner le pays dans le cadre du projet que j'ai présenté», a-t-il assuré, tout en demandant à François Bayou de sortir de «l'ambiguïté» vis-à-vis d'une éventuelle alliance avec la gauche.
«Il est dans une autre logique», selon Emmanuelli

François Bayrou ministre de François Hollande ? Rien n'est fait. D'abord parce que le président du MoDem, qui a vu son espace réduit par le positionnement social-démocrate du candidat socialiste, ne retient pas ses coups contre le député de Corrèze et son programme «insoutenable». «On ne créera pas 60.000 à 70.000 postes d'enseignants, on ne fera pas une allocation générale d'autonomie pour les étudiants, on ne reviendra pas à la retraite à 60 ans», a-t-il martelé jeudi soir sur TF1. Avant d'accuser les socialistes et les écologistes de brader la place de la France à l'ONU, en prévoyant dans leur accord commun la suppression du droit de veto.

De quoi crisper encore un peu plus les nombreux socialistes qui ne veulent pas d'une alliance avec le centre. La question divise profondément le PSdepuis 2007. Si François Hollande a posé la question d'un rapprochement avec le MoDem dès les municipales de 2008, Martine Aubry s'est fait élire à la tête du parti en faisant du rassemblement de la gauche sa priorité. Et les responsables de la gauche du parti, comme Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, n'ont jamais caché leur scepticisme sur une alliance jugée «contre-nature». «Sur le domaine social, je ne l'ai jamais vu avec nous. Il est dans une autre logique», expliquait la semaine dernière Henri Emmanuelli.

L'appel du pied de François Hollande risque aussi de heurter les partenaires des socialistes à gauche. A commencer par les écologistes, incontournables, qui, suite à des désaccords sur le nucléaire, n'ont pas encore confirmé leur participation à un gouvernement de coalition en cas de victoire de François Hollande. La perspective d'une cohabitation avec François Bayrou ne devrait rien arranger. Car à la différence de Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot, patronne d'Europe Ecologie-Les Verts, a toujours refusé une alliance avec le MoDem. «Pas question d'échanger le PCF contre le MoDem», disait-elle auFigaro en 2009. «Si le MoDem défend la libéralisation des services publics, ça n'est pas compatible avec une politique écologiste».

Même raisonnement du côté de la gauche radicale. «Sur les retraites, la règle d'or, la dette... nous disons l'exact contraire de François Bayrou», a résumésur Parismatch.fr François Delapierre, bras droit de Jean-Luc Mélenchon, pour qui un gouvernement dans lequel cohabiteraient le Front de gauche et le MoDem «ne pourrait qu'exploser à la moindre difficulté». Et de prévenir François Hollande : «Entre Bayrou et nous, il faudra choisir»…

Source : lefigaro.fr

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