La découverte aux Etats-Unis de blé transgénique d'origine inconnue agite le marché mondial
Quelques plants de blé transgénique découverts dans une ferme de l'Oregon ont semé le trouble, jeudi 30 mai, sur le marché mondial de la céréale. Le département américain de l'agriculture (USDA) avait annoncé la veille, dans un communiqué, que "les résultats de tests effectués sur des échantillons de végétaux venant d'une ferme de l'Oregon indiquaient la présence de plants de blé transgénique résistants au glyphosate", le principe actif contenu dans des herbicides comme le Roundup. Des essais en plein champ de ce type de blé ont été menés par Monsanto entre 1998 et 2004 avant d'être abandonnés.
Le Japon a
aussitôt annulé un appel d'offres portant sur près de 25 000 tonnes de
blé américain, alors que la Commission
européenne conseillait aux Vingt-Sept de procéder à des tests sur
les cargaisons de blé en provenance des Etats-Unis, premier exportateur
mondial. Bruxelles a affirmé avoir contacté Monsanto afin que le groupe américain lui précise la méthode et le matériel
à employer pour les
réaliser. La variété concernée, du blé tendre blanc,
représente néanmoins une part négligeable des importations européennes en provenance des Etats-Unis.
"Je ne serais pas surpris si d'autres pays commençaient à annuler ou à
réduire leurs achats de blé américain, notamment des pays asiatiques, ce qui mettrait la demande de blé sous pression", a confié Joyce Liu, de la société singapourienne de
négoce Phillip Futures, à l'agence Reuters. Jeudi, en début d'après-midi, le cours du blé à la Bourse de Chicago, déjà orienté à la baisse depuis un mois en
raison des perspectives de bonnes récoltes mondiales, enregistrait une chute de 1 %, mais restait stable à la clôture.
Le
blé transgénique a été découvert dans une exploitation agricole de l'est
de l'Oregon, dont la localisation précise a été tenue
secrète par les autorités américaines. Des employés ont aspergé
les champs de glyphosate afin d'empêcher l'apparition de mauvaises
herbes entre deux récoltes. La résistance de plants de blé a
attiré l'attention du fermier, qui les a fait analyser par l'université de l'Etat d'Oregon.
Les tests ayant démontré qu'il s'agissait de variétés de blé transgénique dites "Roundup Ready", l'université a alerté l'USDA,
dont les analyses ont
confirmé les résultats. "Il n'existe pas de variété de blé
génétiquement modifié dont la vente ou la production commerciale soit
autorisée aux Etats-Unis ou ailleurs à cette
date", a rappelé le département de l'agriculture, qui a voulu se montrer rassurant en précisant que "la détection de cette variété de blé ne pose pas de
problème de sécurité alimentaire."
L'USDA a lancé une enquête officielle
pour déterminer l'origine de cette
dissémination, qui intervient des années après que Monsanto a
interrompu ses recherches, les principaux pays importateurs de blé
américain ayant fait savoirqu'ils
n'achèteraient pas de variétés transgéniques. "Notre priorité est de déterminer aussi vite que possible les circonstances et l'étendue de la situation", a déclaré Michael
Firko, un responsable du service d'inspection sanitaire animale et végétale de l'USDA.
"Il faudrait savoir si
ce fermier a participé aux essais de Monsanto ou si ceux-ci ont eu
lieu à proximité de son exploitation, et où il se fournit en semences,
même si on voit mal comment des semences
conventionnelles et transgéniques auraient pu être mélangées", affirme Catherine Feuillet, de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui précise qu'une graine de blé
peut germer plusieurs années après avoir été
produite.
Dans
un communiqué, Monsanto rappelle qu'il s'agit du premier cas depuis
l'interruption de ses recherches et s'interroge sur la
fiabilité des analyses effectuées, tout en affirmant sa volonté de
coopérer avec l'USDA pour déterminer l'origine de la dissémination.
"Il s'agit d'une sérieuse remise en cause de leur système d'essais en plein champ, qui met en danger les fermiers et toute la
filière du blé", estime pour sa part Bill Freese, un expert du Center for Food Safety, une ONG opposée aux
organismesgénétiquement modifiés, interrogé par l'agence Bloomberg.
Source : http://www.wikistrike.com
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