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26 janv. 2012

Médecins sans frontières dénonce des cas de torture de prisonniers en Libye

Des prisonniers de la ville de Misrata, en Libye, ont été torturés et empêchés de recevoir des soins médicaux, rapporte l’ONG Médecins sans frontières qui a décidé de suspendre ses activités dans les centres de détention.

Les équipes de MSF ont commencé à travailler en août dernier dans les centres de détention pour soigner des blessures de détenus. Depuis lors, les French doctors ont noté une forte augmentation des patients souffrant de séquelles de tortures à la suite de leurs interrogatoires. Au total, MSF a soigné 115 cas de maltraitance contre des prisonniers. Certains patients ont même continué à être torturés après avoir été soignés.
« Certains officiels ont tenté d’utiliser ou au contraire de contrarier le travail de nos personnels soignants », relève le directeur général de MSF, Christopher Stokes. « Des personnes torturées nous ont été confiées dans le but de les remettre sur pied pour poursuivre les interrogatoires. C’est inacceptable. Notre rôle est d’apporter des soins aux blessés de guerre aux prisonniers, pas de répéter les traitements pour les mêmes patients entre deux cessions de torture.» Les autorités ont également demandé aux médecins de l’organisation de soigner des patients à l’intérieur des centres où sont interrogés les opposants au nouveau régime, laquelle a refusé 

Parmi les cas observés, MSF met en avant une scène survenue le 3 janvier dernier. Ce jour-là, les équipes médicales ont soigné 14 détenus de retour d’une salle d’interrogatoire localisée derrière les installations du cente de détention. Malgré plusieurs demandes répétés de l’ONG pour la fin immédiate des tortures, 9 des 14 prisonniers souffraient de nombreuses blessures et de signes évidents de torture. Ils ont été à nouveaux torturés par la suite. 

Les victimes sont aussi bien d’anciens soldats qui ont combattu dans les troupes favorables à l’ancien président Mouammar Kadhafi, que des prisonniers de droits communs arrêtés pour vol ou viol. Brûlures de cigarettes sur le corps, fractures diverses, membres écrasés, tissus corporels endommagés par les électrochocs… Les marques laissées sur les blessés donnent une idée de la gravité des mauvais traitements. 

Après avoir rencontré différentes officiels de Misrata, MSF a décidé d’envoyer une lettre au conseil militaire, au conseil de sécurité,  et aux autorités civiles de la commune demandant l’arrêt immédiat de ces violences contre les détenus. « Aucune action concrète n’a été prise, regrette Christopher Stockes. Au contraire, nos équipes ont reçu quatre nouveaux cas de torture. » D’où la décision de l’ONG de suspendre ses activités dans ces centres de détention. « La balle est désormais dans le camp des autorités », avertit l’organisation. 


OLIVIER TALLÈS
la-croix.com





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