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4 janv. 2012

Antisémitisme, Résistance et collaboration : petite leçon d’histoire à Fourest-Monnot-Mestre

Sur le site « Droite (s) extrême (s) » Madame Caroline Monnot et Monsieur Abel Mestre, journalistes au Monde, pourfendeurs officiels de « la pensée nauséabonde et du ventre encore chaud d’où sortit la bête » écrivent le 15 décembre 2011, une généalogie toute personnelle du Front National, probablement pour répondre, avant Madame Caroline Fourest, au voyage de Louis Alliot en Israël.


Ils intitulent cette leçon d’histoire à l’usage des bobos du 10e arrondissement, « Le Front national n’a pas de passé antisémite » ?


Ah ! Les braves cœurs qui ont appris l’histoire dans la collection complète de « l’Humanité » et du « journal de Pif le chien ».
Voyons ne serait-ce que le début de la storytelling vert-de-gris de leur « voyage au centre du Front National ».

« Louis Aliot, vice-président du Front national et codirecteur de campagne de Marine Le Pen, de retour d’une visite en Israël, a assuré, mercredi 14 décembre, sur France Inter que son parti n’a pas de « passé antisémite ». L’on dira que le numéro deux du FN à la fois joue avec les mots et a la mémoire courte.Effectivement, le FN n’a jamais fait de l’antisémitisme un axe programmatique. Ce qui, soit dit en passant, serait tombé sous le coup de la loi. Mais il a toléré une parole publique antisémite. Louis Aliot, lui même, répète souvent sa réelle aversion pour les thématiques négationnistes – une des expressions de l’antisémitisme – et qui dit souhaiter débarrasser le Front national de ceux qui en sont les promoteurs. Il les compare fréquemment à « une maçonnerie qui agit au sein du Front », au point que les plus violents d’entre eux le surnomment publiquement « le juif Aliot ». »

« Lors de la création du parti d’extrême droite, l’on trouve ainsi dans le noyau dirigeant de la toute jeune structure un certain nombre de personnalités qui ont de solides états de service en la matière. »

Il en est ainsi de Roland Gaucher. Roland Gaucher fut, sous l’Occupation, membre des Jeunesses nationales populaires, émanation du Rassemblement national populaire (RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE) de Marcel Déat. 


Certes mais nos petits journalistes inspirés n’auraient-ils pas du se renseigner sur l’histoire de Roland Gaucher qui, commence sa carrière à l’extrême gauche : il est successivement membre du groupuscule trotskyste Fédération des étudiants révolutionnaires, aux Jeunesses socialistes ouvrières (où il croise Robert Hersant et Alexandre Hébert1), puis du Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert.

Après avoir été en khâgne à Henri-IV, où il a pour condisciples Yves Jouffa et Jean-Louis Bory, il est mobilisé au 27e régiment d’infanterie en 1939. Fait prisonnier à Rennes en 1940, il s’évade du convoi qui l’emmenait en Allemagne. Il retrouve la vie civile et devient, de mars 1942 à 1944, responsable des Jeunesses nationales populaires, mouvement de jeunesse du collaborationniste Rassemblement national populaire. Il est condamné à cinq ans de prison à la fin de la guerre, mais est amnistié et libéré en août 1948. »

Puis nos Rouletabille du Boulevard Saint-Germain poursuivent avec un certain nombre de nom de membres du Front National, qui pour beaucoup furent membre du Rassemblement National Populaire.


Parti de la collaboration créé par Marcel Déat dans lequel au niveau du comité central : sur les 15 principaux dirigeants du parti en février 1943, 6 viennent de la SFIO, 6 du néo-socialisme de Marcel Déat (ancien dirigeant socialiste-SFIO), 1 est passé par le parti communiste, puis par le PPF, 2 viennent de droite

Le Rassemblement National Populaire est dirigé par une commission permanente de 15 membres
Président : Marcel Déat
Secrétaire général : Georges Albertini (ancien secrétaire des Jeunesses socialistes, membre de la commission administrative permanente de la SFIO, du CVIA, Vice-président (à partir de janvier 1943)

Maurice Levillain (ouvrier mécanicien, conseiller municipal SFIO de Paris et conseiller général de la Seine, néo-socialiste).
Michel Brille (avocat, député de la Somme en 1936 de l’Alliance démocratique, le grand parti de centre-droit de la Troisième République).
Henri Barbé (membre du bureau politique du Parti communiste à partir de 1927, l’un des quatre dirigeants en 1929-1930, exclu du PCF en 1934, secrétaire général du PPF de 1936 à 1939).

René Benedetti (néo-socialiste).

Francis Desphilippon (fondateur d’une association d’ancien combattants pacifistes, puis membre de la SFIO, puis responsable du service d’ordre du parti communiste, puis passe à la SFIO où il est responsable des cercles d’entreprises et des Amicales socialistes).

Georges Dumoulin (ouvrier, secrétaire de la CGT, SFIO, franc-maçon, exerce des responsabilités au Bureau international du travail).

Emile Favier (néo-socialiste)

Gabriel Lafaye (député SFIO puis néo-socialiste de la Gironde depuis 1928, sous-secrétaire d’État au travail dans le gouvernement Camille Chautemps en 1938. Après 1940 : au RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE, dirige le journal L’Atelier, collabore à La France socialiste, créée le CIOS ou « Comité Lafaye »

Barthélémy Montagnon (député SFIO puis néo-socialiste de Paris, franc-maçon. Après 1940 : au RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE, collabore à L’Œuvre et aux Nouveaux temps

Georges Rivollet (secrétaire général de la confédération nationale des anciens combattants, ministre des anciens combattants dans des gouvernements de droite 1934-1935

Roland Silly (membre de la SFIO tendance Paul-Faure, secrétaire de la Fédération CGT des techniciens

Ludovic Zoretti (universitaire, responsable de la SFIO du Calvados, fondateur du syndicat des enseignants du 2e et 3e degrés (actuel SNES), secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement (actuelle FEN) de la CGT

Roland Silly qui dans les années 1930, était secrétaire de la Fédération des techniciens de la CGT et membre du parti socialiste SFIO, de la tendance Paul Faure.
Sous l’occupation allemande il fut l’un des dirigeants du Rassemblement national populaire, parti collaborationniste de Marcel Déat, et le chef des Jeunesses national-populaire, le mouvement de jeunes de ce parti, et journaliste au National-Populaire, l’organe du RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE, à la ligne ultra-collaborationniste, qui revendiquait un antisémitisme « complet et résolu ».

C’est aussi le cas de François Brigneau, autre figure collaborationniste présente à la naissance du Front National qui le quittera pour le Parti des Forces Nouvelles avant de s’en rapprocher à nouveau, sera condamné à plusieurs reprises pour ses écrits antisémites durant les années 1980. Le 20 avril 1989, il précisera ainsi au tribunal qu’il est natif de Concarneau et ajoutera: « Il n’y a pas beaucoup de juifs à Concarneau parce qu’il n’y a pas beaucoup d’argent « .

En réalité de son vrai nom Emmanuel Allot, François Brigneau, journaliste et écrivain, est issu d’une famille sympathisante de gauche ayant hébergé dans les années 1930 un socialiste autrichien et des Juifs d’Allemagne réfugiés, fils d’un instituteur socialiste, dont il partagea les idées politiques, il adhère au « Frontisme » de Gaston Bergery en 19372. Il vend alors La Flèche, le journal du mouvement, à la criée. Il s’oriente vers la Collaboration durant la Seconde Guerre mondiale, admirateur de Robert Brasillach, qu’il rencontra durant l’Occupation et côtoya plus tard à la prison de Fresnes. Le lendemain du débarquement allié en Normandie, il s’engage dans la Milice. Arrêté, il est condamné pour faits de collaboration. Il sort de prison au bout d’un an.

Mais si nous voulons établir une véritable généalogie du Rassemblement National Populaire, il faut faire état des nationalistes algériens qui adhérèrent au RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE.


Certains nationalistes nord-africains jouent la carte de la collaboration avec l’Allemagne nazie qui leur laisse espérer l’indépendance de l’Algérie afin d’affaiblir la France. Dans cette optique, plusieurs dirigeants nationalistes algériens du Parti du peuple algérien (PPA) créé en 1937 par Messali Hadj , notamment l’équipe qui privilégiait l’action en France et non en Algérie entrent dans les organisations du RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE, espérant qu’il serve de couverture à leur action.


Puis suivant la stratégie trotskiste de « l’entrisme » un petit groupe de trotskistes issu du Parti communiste internationaliste (PCI) est entré dés sa création au RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE, dont Henri Molinier (membre de la direction du PCI , Roger Fojrier, PCI, jeunesse du PSOP, Maurice Déglise membre du comité central des Jeunesses communistes puis trotskiste. Après 1940, André Gailledrat (dit Morgat) membre du comité central du PCI, rédacteur en chef de la revue La Vérité en 1929, puis membre du PSOP, puis Henri Molinier, Jean Desnots, etc.

Le Rassemblement National Populaire eut sa branche syndicale, ce fut le Centre syndicaliste de propagande CSP. Créé en avril 1941 par l’équipe du journal syndicaliste de la collaboration L’Atelier qui a rejoint le RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE
3 personnages sont à la pointe de cette activité en direction des ouvriers mais également des patrons et petits patrons.

Georges Dumoulin, né en 1877 et mort en 1963, syndicaliste, il est, d’abord, trésorier de la CGT, avant de devenir secrétaire général de l’Union départementale CGT du Nord lors de la réunification syndicale de 1936. Il se présentera à deux reprises aux élections législatives, sous l’étiquette SFIO. Sous l’Occupation, il écrit dans l’Atelier, hebdomadaire ouvriériste qui s’adonne à l’antisémitisme le plus débridé. Il est membre, pour un temps, du Conseil national instauré par Vichy.


Georges Albertini, est normalien, il devient professeur d’histoire et géographie et militant de la SFIO avant guerre. Munichois, il s’oppose à ce sujet au futur chef résistant Pierre Brossolette. Durant les années 1930, il collabore à la revue les Nouveaux cahiers dès 1937, où l’on tente de remédier à la crise par un rapprochement du patronat et des syndicats ouvriers en augmentant le rôle de l’élite technicienne et en mettant sur pied une politique pour favoriser les rapports économiques franco-allemands. Il fut également membre des Jeunesses socialistes.

Francis Delaisi, Économiste reconnu, il fait une brillante carrière de journaliste entre les deux guerres. Ses préférences politiques vont vers le socialisme. Il participe au premier numéro du journal La Guerre sociale, de Gustave Hervé le 18 décembre 1906, puis participe à la Vie ouvrière, organe de la CGT. Il est membre du comité central de la Ligue des droits de l’homme en 1935, membre directeur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes jusqu’en 1939.
De 1927 à 1932, il tient le Secrétariat général de l’Union paneuropéenne, sous la présidence d’Aristide Briand, dont il est proche, et qui lui confie des missions à l’étranger (Belgique, Allemagne, Pologne, Autriche. Il a repris le slogan du « Trust des deux cents familles » lancé par Édouard Daladier en 1934, qui fut le mot d’ordre de la campagne électorale du Front Populaire en 1936.
Puis est créée en novembre 1942 l’Union de l’Enseignement qui a pour objet de regrouper les enseignants du RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE, son Secrétaire Général est Pierre Vaillandet, professeur à l’École Normale, député SFIO du Vaucluse en 1936.
Puis pour les classes paysannes, le Centre paysan qui a pour dirigeants: René de Robert ingénieur agricole, ami de Déat, membre du Cercle européen), Jean Desnots (membre du comité central du Parti communiste, puis passe au trotskisme en 1935. Après 1940 : au RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE et écrit à L’Atelier),

Ainsi en réalité sous prétexte de dénoncer les « fascistes » du Front National, nos deux journalistes du « Monde » ferait mieux « eux qui veulent traquer la bête immonde » de réviser leur histoire et de comprendre une bonne fois pour toute que les collabos, les fascistes, les affidés de Pétain et Hitler, c’est dans une partie de la gauche qu’on les trouva.


Une partie de l’extrême droite était à Londres aux côtés du Général De Gaulle ou dans les maquis :


Le colonel Maurice Dutheil de la Rochère, ami d’enfance de Charles Maurras, maurassien, il est lié au réseau de résistance du musée de l’homme.
Le colonel Claude Arnould, issue d’une famille de stricte observance catholique, il est le chef du réseau Jade-Amivol qui est rattaché aux services britanniques.
Le colonel Hélié de Saint-Marc qui avec des opinions d’extrême droite, saluera d’un coup de chapeau théâtral les juifs qu’ils rencontrait dans la rue et qui portait l’étoile jaune.
Le docteur Henri Martin, cagoulard, comploteur anti-républicain inlassable, qui en 1942 pour son activité patriotique est interné à Vals-les-Bains, où il est avec Roger Stéphane (Worms) et André Blumel, tous les deux juifs, de gauche et résistants qu’il aidera à s’évader.
Les deux ne l’oublieront jamais, ils deviendront ses amis.
Aristide Corre de l’Action française, membre de la cagoule qui travaille avec l’intelligence service et est pour cela fusillé par les Allemands en 1942.


La liste serait longue, en réalité il y avait dans la collaboration une majorité de gens qui venaient de la gauche et à Londres une majorité venait de l’extrême droite.


Ainsi les principaux créateurs du Front National venaient de la gauche. 

Un mouvement de Juifs avec Marine Le Pen, est en train de se créer, et cela semble répondre à inquiétude des français juifs qui effectivement ont tout à craindre des amis de Mesdames Fourest et Monnot et de Messieurs Corbière et Mestre.


Ces français juifs, qui se retrouvent aujourd’hui dans l’association l’Union des Français Juifs craignent, et ils ont raison, la montée de ce nouvel avatar du nazisme, l’islamisme. Les nouveaux collaborateurs ont le visage avenant de toutes ces bonnes âmes de gauche qui tels les journalistes du « Monde », leurs font des signes sympathiques, tout comme le joueur de flûte de Hamelin entrainait vers le néant, avec ses notes de musique, les rats, puis les enfants.

Lazare Zylbergleitt
http://u-f-j.org/2011/12/12/bienvenue/



Source: lepost.fr

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