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24 déc. 2011

H5N1 A quoi joue t’on ?

Si même le « monde en parle …

Les chercheurs devraient in fine « détruire » le virus qui ne s’avère pas utile pour préparer un vaccin.AP/JACQUES BRINON

A la suite des mises en garde émises mardi par les revues Science et Nature, des scientifiques ont contesté mercredi 21 décembre le choix des autorités américaines delimiter, en invoquant le risque de bioterrorisme, la diffusion de travaux sur un virus mutant.


Si pour de « fallacieuses inquiétudes sur le risque de terrorisme, des petits groupes autodésignés commencent à censurer, cela entachera toute la communication scientifique », estime John Oxford (London Queen Mary’s School of Medicine). « Le plus grand terroriste sur cette planète c’est notre mère Nature, c’est de cela qu’il faut s’inquiéter », ajoute, dans un entretien à l’AFP, cet expert. En créant un virus H5N1 potentiellement capable de se transmettre d’homme à homme, il a montré que la frontière était « ultra-mince » entre le virus infectant les oiseaux et les mutants possibles, estime le Pr Oxford.


Le Bureau national américain de la science pour la biosécurité (NSABB) a demandé qu’une partie des données ne soient pas publiées dans les revues scientifiques internationales Science etNature. Seuls les scientifiques qui en ont « un besoin légitime » se verraient accorder un accès complet aux résultats. « C’est un mauvais jour pour la biologie et pour la science en général », résume sur son blog Vincent Racaniello, professeur de microbiologie à l’université de Columbia. Cette décision du NSABB « créé un précédent pour censurer de futurs résultats expérimentaux »utiles, regrette-t-il.

>> Lire notre cadrage La création d’un supervirus fait polémique

Les responsables éditoriaux de Science ont déclaré mardi qu’ils allaient « évaluer la meilleure façon de procéder », précisant que cela dépendrait « en grande partie des procédures écrites et transparentes » élaborées par les autorités américaines pour permettre aux scientifiques d’accéder aux informations non publiées.

Le directeur de l’Institut national américain des maladies infectieuses, Anthony Fauci, a quant à lui catégoriquement rejeté ces accusations de censure : « un chercheur légitime désirant par exemple développer un vaccin ou travaillant pour l’Institut Pasteur obtiendra ces informations », a-t-il affirmé dans un entretien avec l’AFP.

« De nombreux scientifiques ne sont pas d’accord avec le comité du NSABB », a-t-il toutefois reconnu. « Il faut donc réexaminer la raison de cette décision de manière à ce qu’on puisse tous d’une façon transparente parvenir à élaborer des directives concrètes sur ce qui doit être pris en considération dans ce type de recherche », a-t-il ajouté, prédisant « un dialogue intéressant ».

UN SECRET DE POLICHINELLE

Pour Jean-Claude Manuguerra (Institut Pasteur, Paris), spécialiste de la grippe, un tel système de publication « à deux vitesses, avec deux accès », c’est inédit. « Une publication, c’est public ! », résume-t-il, estimant que « les revues essaient de ménager la chèvre et le chou ». « Ça tourne un peu au cirque. Soit on publie, soit on ne publie pas », dit-il. « Il aurait fallu se poser la question avant, maintenant je crois que c’est trop tard. Une fois que la connaissance est générée, la censure a posteriori, ça ne sert à rien », tranche-t-il.

« C’est un secret de Polichinelle. Les choses vont se savoir de toute manière », a déclaré à l’AFP le chercheur qui juge « utiles » les résultats de l’équipe néerlandaise. Savoir que « le virus peutdevenir contagieux de mammifère à mammifère et probablement d’homme à homme, cela légitime toutes les actions de santé publique faites pour éviter que la grippe aviaire se transmette », justifiant les « ressources allouées à cette lutte », explique-t-il.

Une fois la démonstration faite, les chercheurs devraient « détruire » le virus qui, selon lui, ne s’avère pas utile pour préparer un vaccin. Mais un usage des données à des fins terroristes est« très peu probable : je ne vois pas très bien qui pourrait essayer de refaire ce qu’ils ont fait. C’est très compliqué », déclare M. Manuguerra.

D’autres scientifiques s’étonnent que ce débat surgisse maintenant, alors que le dangereux virus de la grippe espagnole de 1918 avait été recréé en laboratoire et sa séquence génétique publiée en 2005.

Source: lemonde.fr

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