30 juil. 2026

Rachel Touitou, le langage soutenu à la télé et le « bougnoule de merde » à la maison

Rachel Touitou, intervenante régulière sur i24NEWS, la chaîne d’information israélienne francophone, a réagi à l’agression survenue le 27 juillet 2026 devant la synagogue du Perreux-sur-Marne. Un individu a arraché le collier d’une femme d’un couple juif à proximité du lieu de culte. La scène a été filmée. Une plainte a été déposée. Des médias et collectifs pro-israéliens ont immédiatement qualifié l’épisode d’acte antisémite. Rachel Touitou, elle, a choisi un autre registre : elle a publié sur X le commentaire « Bougnoule de merde », avant de le supprimer.

Le mot n’est pas ambigu. « Bougnoule » est une injure raciste classique, visant les Maghrébins et plus largement les Arabes ou musulmans. L’ajouter de « de merde » ne laisse aucun doute sur l’intention. Ce n’est pas une analyse, ce n’est pas une description factuelle du suspect visible sur les images de surveillance. C’est une insulte purement ethnique et raciale, lâchée à chaud.

Le double langage

Sur le plateau d’i24NEWS, Rachel Touitou s’exprime dans un français soigné, avec les codes du débat médiatique, la posture de la défenseuse indignée des Juifs et d’Israël. Elle dénonce l’antisémitisme, le « wokisme », la complicité française avec le terrorisme, etc. Le ton est policé, le vocabulaire maîtrisé. Sur les réseaux, le masque tombe. Le même personnage qui se présente comme une voix raisonnable face à la haine se permet le vocabulaire le plus grossier et le plus raciste qui soit.

C’est exactement ce que révèle l’épisode : la distance entre le discours public lissé et le ressentiment privé (ou semi-public). On parle de grands principes à la télévision, on insulte « le bougnoule » une fois rentré chez soi ou derrière un clavier. Ce n’est pas une maladresse isolée. C’est la manifestation d’une idéologie qui, sous le vernis de la lutte contre l’antisémitisme, véhicule un racisme anti-arabe et anti-musulman parfaitement assumé dès que la caméra s’éteint.

Vol à l’arraché ou acte antisémite ?

Présenter systématiquement tout vol ou agression visant une personne juive près d’une synagogue comme un crime antisémite pure et simple relève souvent de l’instrumentalisation. Ici, les faits connus à ce stade décrivent un vol à l’arraché violent : un homme s’approche, arrache un collier et s’enfuit. Le contexte (devant une synagogue, victimes juives) peut légitimement faire suspecter une motivation haineuse et justifier une enquête sous cette qualification. Mais affirmer d’emblée qu’il s’agit d’un acte antisémite caractérisé, sans attendre les éléments de l’enquête, sert surtout à alimenter un récit permanent de menace existentielle.

Rachel Touitou n’a pas attendu. Elle a directement racisé le suspect. Peu importe que l’individu soit ou non d’origine maghrébine : le réflexe a été l’insulte raciale. C’est le même mécanisme que celui qu’elle et ses alliés dénoncent chez les autres : essentialiser, racialiser, haïr.

Propagande et cohérence

Les mêmes milieux qui multiplient les appels à la fermeté contre l’antisémitisme, qui exigent des sanctions, des dissolutions et des interdictions, se retrouvent à produire eux-mêmes le type de propos qui, s’ils étaient tenus par un militant pro-palestinien à l’encontre d’un Juif, déclencheraient immédiatement une plainte pour incitation à la haine raciale. La différence de traitement est frappante.

Rachel Touitou est actuellement visée par un mandat d’amener en France pour complicité de génocide, en lien avec les actions du collectif Tsav 9 (blocage d’aide humanitaire destinée à Gaza). Cela ne la dispense pas de rendre des comptes sur ses propres propos. Au contraire : quelqu’un qui se présente comme une voix morale sur les plateaux de télévision israéliens devrait être particulièrement vigilant quant au langage qu’il utilise.

Le « bougnoule de merde » n’est pas un détail. C’est le moment où le discours soutenu s’effondre et laisse apparaître le fond. On peut combattre l’antisémitisme sans sombrer dans le racisme? On peut dénoncer des agressions sans transformer chaque vol en preuve d’un complot? Et on peut parler à la télévision sans se comporter, dès que le micro est coupé, comme les derniers des ploucs de campagne. Rachel Touitou vient de démontrer qu’elle n’y parvient pas.

La Rédaction du National Émancipé 

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